The Streets – Computers and Blues

Computers and Blues

Ça y est, c’est le dernier The Streets. Mike Skinner l’a déjà annoncé depuis quelques années, le 5ème album du groupe sera le dernier. Pas de retour prévu. La fin d’une époque. Avec une telle annonce, le petit rappeur de Birmingham devait faire en sorte que ce dernier opus soit réussi ! Et il lui aura fallu un long moment de silence sur Twitter et 14 morceaux pour le faire.

Computers and Blues sorti le 7 février dernier est donc sur la sellette.

Cette fois-ci, Skinner s’intéresse à l’humain. Pas forcément évident quand on voit le titre de l’album ! Mais en se concentrant sur les nouvelles technologies, Facebook et les robots, The Streets s’est finalement rapproché de l’homme et de la réalité.

On entre directement dans le vif du sujet avec Outside Inside. L’introduction très « robotique » vient se confronter à un son plus bluesy. Sorte de résumé du titre de l’album. D’autres titres suivent cet exemple, comme Trust Me dont l’introduction aurait pu faire partie de la BO de Star Wars, à cause des sons R2-D2-iens.

Mais comme toujours The Streets, c’est du rap, de l’électro, du rock, du funk… C’est tout et rien. C’est donc avec toute logique qu’on trouve des morceaux comme Going Through Hell, le premier single et aussi ce qui marque la collaboration inspirée avec Rob Harvey, chanteur de The Music. Tout comme Mike Skinner, Rob Harvey a connu ses problèmes de drogue et d’alcool en tout genre et vient rejoindre son ami sur un titre aux accents rock. Sa voix vient se poser naturellement et s’allie magnifiquement avec le flow de Skinner. C’était tellement évident qu’ils auraient du y penser plus tôt ! Par ailleurs, le riff de guitare rappelle l’ancienne collaboration avec Muse, sur le titre Who knows Who.

Les 14 titres de Computers and Blues s’enchaînent, se suivent et vous emmènent dans un voyage électro-blues joliment imaginé. The Streets se fait plaisir sur cet album en explorant les différents sons qui ont fait sa renommée, sans jamais se répéter. C’est du The Streets sans en être. On est dérouté, et on aime ça !

Mike Skinner

Skinner continue de visiter le Grime, mouvement rap anglais, mêlant le dubstep et le sublow (pour parler technique !) tout en y ajoutant des sons dancefloor.

Niveau texte, Skinner propose des morceaux courts allant à l’essentiel. Que ce soit le futur père qui parle à son bébé via l’écran d’échographie (Blip on a Screen) ou le type qui parle relation amoureuse à travers Facebook (OMG – à ne pas confondre avec le titre d’Usher !). On s’intéressera particulièrement à la dernière chanson (Lock the locks) qui est sans doute une forme d’adieu : l’histoire d’un homme qui quitte son travail, mais le tout sans amertume ni pessimisme. Au contraire, le texte est plutôt optimiste, ce qu’on peut comprendre puisque si The Streets, c’est fini, Mike Skinner ne fait que commencer. Il écrit actuellement le scénario de son premier film et pense également se rediriger vers la musique de film. Son envie de changer lui permettra de visiter la musique encore plus loin que ce qu’il a déjà fait. C’est tout ce qu’on peut lui souhaiter !

En tout cas, on ne peut que vous encourager à écouter ce dernier disque, chronique d’une mort annoncée, sur fond de son de funk-blues-rock-électro-futuriste (rien que ça !).

Pour la petite histoire, The Streets est né à Birmingham, dans la chambre de Skinner où il a autoproduit son premier album Original Pirate Material. Très vite le succès et l’enchainement des disques : A grand don’t come for free, The hardest way to make an easy living, et Everything is Borrowed.