Velvet Goldmine

Un petit « Avoir à l’œil » un peu spécial, puisque c’est d’un film qu’on va parler. Plus précisément, Velvet Goldmine est surtout un clip géant de presque 2h. Sorti en 1998, le film de Todd Haynes relate l’histoire fictive de stars de Glam-Rock. Incarné par Jonathan Rhys-Meyers, Brian Slade est un chanteur de Glam prêt à tout pour percer, jusqu’à créer un véritable mouvement de paillette, de Rock et d’ambigüité (dans tous les sens du terme). Il marquera les esprits et surtout celui d’Arthur Stuart (Christian Bale), adolescent en quête de personnalité.

Brian Slade en Ziggy Stardust

L’entrée en matière est directe : Brian Slade entre en scène, vêtu comme David Bowie, période Ziggy Stardust, et se fait tirer dessus en plein cœur. Mort d’une icône et fin d’un mouvement. Mais très vite, la rumeur se répand. Brian Slade n’est pas mort. Ce n’était qu’une mise en scène. Cependant, le chanteur disparaît. 10 ans plus tard, Arthur s’est exilé aux Etats Unis où il est journaliste. Il a pour mission d’enquêter sur le phénomène disparu et va alors commencer à découvrir malgré lui, la vie de son héros, son modèle d’ado de façon rétrospective, racontée par divers narrateurs : le premier manager de Brian Slade, l’ex-femme du chanteur (interprétée par Toni Colette) et les flash-backs d’Arthur sur son adolescence, définitivement liée au destin du chanteur.

« La vie d’un homme, c’est son image » est une phrase qui plane sur tout le film. Sans doute qu’Arthur aurait préféré ne garder que ses souvenirs de gamin, à lire les magazines musicaux, sans jamais avoir rencontré Slade. Mais cette introspection est sans doute nécessaire pour exorciser le passé qu’il a essayé de fuir en partant aux USA, tout comme le chanteur a prétendu mourir sur scène pour échapper à sa carrière.

ziggy_stardust

Plus qu’une simple fresque de ce qu’était le Glam-Rock des années 70’s, Velvet Goldmine est un véritable hommage à David Bowie. Le titre du film fait par ailleurs référence à une b-side de l’artiste, aux paroles évocatrices : Velvet Goldmine, you stroke me like the rain, Snake it, take it, panther princess you must stay, Velvet Goldmine, naked on your chain, I’ll be your king volcano right for you again and again, My Velvet Goldmine, Oh Shoot you down, bang bang.

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iggy

Et si Bowie est présent, Iggy Pop se devait d’être là lui aussi. Répondant au nom de Curt Wilde et incarné brillamment par Ewan McGregor, Iggy ramène le côté punk garage de l’époque, les problèmes de drogue qui sont son quotidien, et aussi le seul lien concret qui rattache Arthur à Brian Slade. Là encore, on remarque que la relation Slade/Wilde est largement inspirée de la vie Bowie/Iggy. Dans les années 70’s, si Bowie connaît un succès mondial et mérité, Iggy est au bord de la banqueroute. Totalement accroc aux drogues et incapables de s’entendre et de composer, Iggy and The Stooges sont au bout du rouleau et manquent de se séparer. Mais heureusement pour eux (et nous), Bowie se met en tête de remettre le groupe sur les rails. Et c’est ce qu’il fait. Même histoire pour Brian Slade et Curt Wilde. Mais ce n’est qu’une petite anecdote du film parmi tant d’autres, que vous devrez découvrir par vous-même !

La Bande Originale du film est un best of de tubes Glam, parfois revisités par les acteurs eux-mêmes. Thom York y interprétera d’ailleurs une chanson. Placebo en profitera même pour faire une apparition dans le film et y jouera le tube des T-Rex, figure emblématique du Glam, 20th Century Boy.

Un film à voir et revoir si on veut en prendre toute l’ampleur du travail de recherche, d’image et de musique, fait par Todd Haynes, qui n’hésite pas à bousculer le scénario avec des délires historiques (Oscar Wilde, grand patron des Dandys Glam-Rock) et psychédéliques (soucoupes volantes en plein Londres. Can you hear me Major Tom ?). Servi par des acteurs investis, Velvet Goldmine se regarde comme un bon cd et s’écoute comme un bon film.