Bright Eyes – The People’s Key

Bright Eyes n’avait pas sorti d’album depuis le mitigé (et pourtant épisodiquement magnifique) Cassadaga, donc depuis 2007. Une attente bien trop longue. Mais le nouvel album, The People’s Key, en écoute intégrale sur YouTube sur la chaîne officielle du groupe depuis le 15 février dernier, sent bon le Bright Eyes qu’on avait laissé. La voix magique de Conor Oberst, le prodige américain des temps modernes, opère.

L’album commence comme Cassadaga : une voix prend la parole. Cette fois-ci, le changement est énorme (ironie quand tu nous tiens !), et oui, ce n’est plus une femme mais un homme ! L’évolution est là ! Est-ce que Bright Eyes aura continué d’évoluer ? Est-ce que le groupe s’est écarté de la country pour revenir à un son plus folk et incisif ?

La voix part dans des divagations métaphysiques, dieu, les hommes, la vie… Oberst est donc toujours dans son délire mystique. La crise de la trentaine sans doute !

Musicalement, le disque oscille entre orchestration enjouée et d’autres plus acoustiques et douces. Un soupçon de guitare country revient teinter le tout de temps en temps. Pas vraiment de grande différence avec Cassadaga finalement. Sauf que Cassadaga avait des morceaux exceptionnels comme No One Would Riot For Less. Des morceaux retiennent cependant notre attention dès le début : comme Firewall et Shell Games qui ouvrent l’album. Jejeune Stars est légère et entêtante. On a envie de danser, un petit verre de vin en main.

Conor Oberst vit ses morceaux comme personne. Sa voix de génie transporte l’auditeur toujours plus loin, morceau après morceau. On a envie de comprendre ce qui fait son don, sa clairvoyance et pourtant son obstination à rester dans la moyenne, à faire le minimum syndical, alors qu’il est capable de bien plus. Mais on pourra néanmoins reconnaître qu’il ne reste pas sur ses lauriers et tente d’explorer la musique toujours plus. Peut-être encore un peu de temps avant qu’il nous fasse un chef d’œuvre digne des débuts. Soyons patients !

The People’s Key n’est pas le meilleur album de Bright Eyes, mais il a le mérite de nous balader pendant 46 courtes minutes. On ne se lassera jamais d’entendre cette voix. Il pourrait chanter l’annuaire sur quelques accords, et ça suffirait ! Donc pourquoi se casser la tête ?