Killing Bono

Un type marmonne dans sa barbe, au volant de sa voiture. Il a le regard déterminé, empli de haine. Il roule vite jusqu’à ce qu’il voit au détour d’une rue, une affiche géante de U2 The Joshua Tree, des fans amassés et un certain Bono saluer la foule. L’homme s’arrête, sort son arme et vise.

Voilà le début de Killing Bono. Adapté du roman en partie autobiographique, de Neil McCormick, le film raconte l’histoire de deux frères : Neil et Ivan McCormick. Neil est au lycée, dans la classe de Paul Hewson, qui veut monter un groupe. Il voudrait qu’Ivan joue de la guitare mais Neil refuse, égoïstement, préférant garder son frère dans son propre groupe. Sauf que Paul Hewson n’est autre que le vrai nom de Bono, le futur chanteur de U2. Neil vient de refuser l’offre qui aurait pu changer la vie de son frère à tout jamais. Mais il n’en dira rien. Il entraînera Ivan à Londres à la recherche d’un contrat de maison de disque, allant même jusqu’à s’acoquiner avec la mafia dublinoise. Neil enchaîne erreur sur erreur, refuse les divers coups de main de Bono, toujours sans le dire à son frère. Plus U2 devient célèbre, plus l’échec familial devient clair. Neil semble sombrer dans la folie, et fait une obsession sur Bono, qui lui, a tout ce dont il rêve.

L’affiche de Killing Bono est éloquente. Pour les gens qui ne connaissent pas U2, c’est la pochette de l’album WAR qui a été détournée ! C’est la guerre que mène Neil contre Bono, qui n’a rien demandé. Killing Bono nous entraîne dans les coulisses du rock des 70s-80s, en musique, et pour le coup, si on voit des affiches de U2, et entend le nom du groupe sans arrêt, on n’entendra vraiment qu’une chanson de U2 : I still haven’t found what I’m looking for. Evidemment !

Le film est servi par des acteurs plutôt sympathiques : Ben Barnes aussi connu pour son rôle du Prince Caspian, interprète Neil McCormick et le jeune Robert Sheehan est Ivan. On notera aussi la présence du regretté Pete Postlethwaite en proprio gay attachant. Les acteurs prennent du plaisir à jouer ces personnages exagérés au possible et le tout fonctionne plutôt bien : Si Neil n’a qu’une envie, c’est de tuer Bono, nous, on n’en a qu’une aussi : baffer ce Neil qui fait toujours tout rater avec son obsession bono-esque !

Pete Postlethwaite dans son dernier rôle...

Si Killing Bono est un film drôle, plein de bonnes musiques et agréable à regarder, il n’en est pas moins qu’une histoire vraie, selon les dires de la publicité ! Plus le film avance, plus on se demande à quel point l’histoire est autobiographique. Ça parait parfois tellement gros que ce n’est pas possible dans la vraie vie ! Bien sûr, une grosse partie est édulcorée. Les rebondissements sont parfois imaginés pour rendre le personnage de Neil encore plus pathétique qu’il ne l’est. Et si on y réfléchi : personne n’a attenté à la vie de Bono (à ma connaissance) !

Le film sortira en France le 13 juillet prochain*. Le même jour que le dernier volet d’Harry Potter… Alors un conseil : il y aura moins de monde dans les salles projetant Killing Bono, donc vous n’avez pas d’excuses : allez le voir !

*Changement de date pour la sortie française de Killing Bono, c’est désormais le 3 août qu’il faudra aller faire un tour au cinoche.

Bande annonce en VO… sorry !

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