Live At Leeds – Le Débrief

Il y a des festivals anglais que tout le monde connait. Il y a Glastonbury bien sûr, le Reading et Leeds Festival qui ont des programmations qui font rêver (et un prix qui fait beaucoup moins rêver !). Et depuis 5 ans, il y a le Live At Leeds. 3 jours entièrement consacrés à la musique et aux révélations en tout genre. Là, la programmation est beaucoup plus obscure, remplie de groupes qu’on ne connait pas et quelques têtes d’affiche, comme Glasvegas, The Duke Spirit, The Pigeon Detectives, Aloe Blacc ou encore Anna Calvi.

En ce week-end royal, le soleil était au rendez-vous et l’ambiance aussi. Tout commence le vendredi 29 avril avec l’Unconference, sorte de rassemblement des professionnels de la musique venus expliquer leur travail aux aspirants musiciens. Puis en soirée, Villagers ouvre le bal. Mais la grande journée c’est samedi. Pas moins d’une centaine de groupes vont se produire entre 13h et 22h, aux quatre coins de la ville. Il faut faire un choix et pas des plus faciles. Toute Ouïe a mis toute sa rédaction sur le coup pour choisir les élus de cette nouvelle édition du Live At Leeds. Critères de sélection :

1) Le lieu du concert : Pour cette raison, le Brudenell Social Club a été éliminé d’office à cause de sa localisation, trop éloignée du centre ville où la plupart des groupes jouent.

2) Le nom du groupe : Si tu as un nom marrant, inspiré, attractif, tu es présélectionné.

3) L’écoute préalable et performance live : Myspace et YouTube donnent un coup de main et permettent d’élaguer la liste.

4) Un trou dans l’emploi du temps : Et oui, certains ont été ajoutés juste parce qu’ils se trouvaient au bon endroit au bon moment !

On est paré ! C’est parti pour le marathon musical de l’année. On débute au Nation of Shopkeepers à 13h avec les Circles, groupe made in Leeds. Le pub est plein à craquer. Le son est parfait, les morceaux sont concis et vont droit au but. Les riffs sont efficaces et plutôt prometteurs. Le groupe est content et même étonné de voir autant de monde venus les voir. Et on ne regrette pas. Après 30 minutes de bon rock indé dans les oreilles, le groupe quitte la scène.

Horreur et damnation, un trou dans l’emploi du temps ! On va rester là et voir We Are Losers tant qu’on y est. Il faut économiser les kilomètres, on aura de quoi faire plus tard ! Ils ont beau être irlandais et marrants, les We Are Loosers n’auront pas transcendé la performance. Le mauvais réglage son n’aura pas aidé, mais quand bien même, leur musique n’est pas révolutionnaire, et même un peu lourde.

Il est 15h, direction Leeds University Mine. La grande fac de la ville ne compte pas moins de 2 salles de concert sur le campus, c’est dire l’intérêt que l’institution porte à la musique ! The Kill van Kulls viennent eux aussi de Manchester. Leur son cependant se rapproche plus de Wolf Gang que l’on avait vu en première partie d’Editors au Royal Albert Hall. Des synthés 80s et une voix sympathique. On aime beaucoup mais pour le coup la salle est bien trop grande et l’ambiance n’est malheureusement pas au rendez-vous.

Vite, on est en retard ! Cloud Control est sensé jouer à 16h à Holy Trinity Church (2km de marche) et The Kill van Kulls a commencé en retard. On arrive pile à l’heure, sauf que l’église est remplie. On fait la queue au soleil en entendant le concert de dehors… On veut rentrer, ça à l’air vraiment bien ! On pourrait aller ailleurs, voir autre chose mais ça ne vaut pas le coup, le temps d’arriver, ce sera fini. On reste et finalement, des places se libèrent. On retrouve avec plaisir l’église qu’on avait laissé lors du concert de Tom McRae. Le groupe australien fait le show. Le son est frais et rappelle un peu Vampire Weekend. Ça sent l’été ! En seulement 15 minutes, Toute Ouïe est impressionné et peut le dire : il va falloir se pencher sur leur cas !

On change de groupe mais pas d’endroit. Lanterns on the Lake attaque son set à 17h. Changement radical de style : violon, piano et chansons atmosphériques. Les musiciens échangent leurs instruments selon les chansons, et le micro se partage entre une jeune fille à la voix fluette et douce et un homme à la voix relativement grave. C’est doux, et nous permet de nous reposer.

All the Young

Il est 18h et on est reparti sur la route. Direction The Well à 20 minutes de là. Un peu excentré, le pub a même sorti son barbecue devant l’entrée, au dessus du périphérique. Rock n’Roll attitude ! On attend All The Young dans une salle à l’acoustique parfaite. Le groupe propose un rock classique et sympa. On prend plaisir à entendre The First Time, un de leur single. The Well semble avoir ses habitués et on les retrouvera d’ailleurs en fin de journée.

Mais pour l’heure, on a une heure à tuer avant The Duke Spirit donc on va en profiter pour grignoter et hop, on retrouve l’O2 Academy ! Le groupe de Londres entre en scène. La chanteuse est une sorte d’Alison Mosshart (The Kills) en blonde et en plus allumeuse, mais sa voix est vraiment impressionnante. Cependant, Toute Ouïe doit écourter le concert pour aller à l’autre fac de Leeds, le Leeds Met pour un autre concert à 20h30.

A cette heure, la concurrence a été féroce. The Futureheads, The Whips et The Frightened Rabbits étaient tous les trois présélectionnés mais The Twilight Sad l’emporte. Et on ne le regrette pas du tout ! Sans doute le meilleur concert de la journée. Le groupe écossais n’a plus rien à prouver de ce côté-ci de la manche même s’ils restent encore trop confidentiels pour leur talent ! Ils n’ont pas besoin de grand-chose : un son, une atmosphère sombre bien à eux, et un chanteur à la voix et à la présence unique. Après une première chanson très mal réglée (la voix dudit chanteur était complètement noyée dans les instruments !), le groupe se lâche. James Graham, le chanteur, est en transe, lance des regards possédés et crie sans micro ce qui ressemble à des insultes. Il est dans son monde et joue à fond son personnage d’allumé. C’est vraiment un groupe à voir en live pour se rendre compte.

The Twilight Sad - Live At Leeds

Pas le temps de se remettre psychologiquement de ce magnifique (court) concert, qu’on part en direction de The Well à nouveau pour y trouver le rescapé des The Fratellis, Mr Jon Fratelli. Là encore on serait bien allé voir Anna Calvi mais il faut faire des choix et nos jambes auront eu raison de nous ! Sauf que le père Fratelli se fait désirer… Presque 1h de retard ! On aurait pu faire Anna Calvi & Jon Fratelli si on avait su… ça a intérêt à être bien ! Mais la salle est bouillante, sans doute déjà bien imbibée de bière à cette heure de la journée ! Enfin, l’écossais rentre en scène avec ses deux batteurs (oui deux !), son bassiste et clavier, accueillis par un public chantant Chelsea Dagger (le tube des Fratellis en 2007). On découvre un artiste vraiment content d’être là et de partager cette soirée avec un public aussi à fond. Ça crie, ça saute, ça pousse gentiment, ça danse. Et si les nouvelles chansons du bonhomme ne sont pas aussi bonnes que le 1er album des Fratellis, elles ont le mérite de faire monter la température. Il doit faire pas loin de 40°c et Baby Fratelli, Whistle For the Choir et Chelsea Dagger ne vont pas la faire baisser, au contraire !

Il est presque minuit. On est claqué alors on n’ira pas à l’aftershow officiel. De toute façon, on ne sait pas où c’est ! Et faut être prêt pour le lendemain au Brudenell Social Club. La suite au prochain épisode !

Bilan:
9 concerts en 10h
6 salles différentes
10km de marche