Kasabian à guichet fermé

Les Kasabian ne remplissent pas encore des stades en France mais c’est le cas en Angleterre. Quand les messieurs de Leicester ont annoncé 5 concerts « intimistes » en mai dernier, ça a été la folie sur les sites de vente de billets de concerts, complets en quelques minutes. Pourquoi « Intimistes » est-il entre guillemets ? Parce que l’O2 Academy de Leeds n’est sans doute pas ce qu’on appelle une petite salle (environ 2300 places). Alors oui, par rapport à un stade évidemment. Mais quand on est français et qu’on a déjà vu les Kasabian en concert en France dans ce genre de salle, c’est tout simplement la routine. Mais trêve de plaisanterie, et revenons à nos moutons.

Leeds était donc sur la liste des 5 dates et ce n’est pas pour déplaire à Touteouïe qui a réussi à choper une place. Ce sont les Penguins qui sont chargés d’assurer la première partie. Il s’agit d’un duo/couple qui entre en scène. Monsieur à la guitare et Madame au micro. On ne va pas mâcher nos mots : c’est affreux. Alors, oui, ils essaient de faire rire. On esquissera un sourire la première fois qu’elle ira frapper son guitariste qui lui rendra la pareille. Mais quand ils font ce même numero à chaque fois, c’est juste triste. Même si elle se rajoute un masque de pingouin et qu’elle tente d’étrangler son copain. Apparemment le batteur et le deuxième guitariste des Kasabian semblent avoir trouvé ça drôle (on les a repérés au balcon). Comme on dit, les goûts et les couleurs, etc. En tout cas, le public a beaucoup plus réagi quand le DJ des Kasabian a diffusé Should I stay or Should I go des Clash… Moi j’dis ça…

L’installation et les réglages des instruments des Kasabian se font à une vitesse grand-V. Et très vite la lumière s’éteint. Mais pas de groupe. Le public est chaud bouillant. On se croirait dans un stade, à entendre les chœurs d’LSF retentir, et pourtant il n’y a que 2000 personnes… Le roadie des Kasabian fait un signe de tête négatif. Hein ? Le groupe ne vient pas ? Non, le groupe se fait désirer mais il finit par arriver.

Tom Meighan @Leeds

Et ça attaque fort : Club Foot. Ouch ! C’est parti pour une bonne heure et demie de folie. Le groupe semble heureux d’être là, échange des sourires entre eux, Tom Meighan (chanteur) provoque la foule en parlant football (évidemment) et en lui tendant son micro à plusieurs reprises. Bref, ça saute, ça bouscule, ça slamme… c’est wok’n’woll au pays des Kasabian.

La setlist est parfaitement équilibrée même si elle fait la part belle au dernier album en date West Ryder Pauper Lunatic Asylum, sorti en 2009. Ça envoie du lourd et propose deux exclus du prochain album à sortir à l’automne. Velociraptor est la première des deux à être proposée. C’est sympa mais franchement pas transcendantal mais on va leur laisser le bénéfice du doute car c’est sans doute la 2ème fois qu’ils la jouent en live donc qui sait, ils vont peut-être la peaufiner pour qu’elle passe mieux. On a le droit à un petit instant douceur avec Thick as Thieves et la magnifique Take Aim. Sans doute une de leur meilleure chanson à ce jour.

Sergio Pizzorno @Leeds

Mais Empire revient rappeler à l’ordre qu’on n’est pas là pour se calmer mais bien pour se déchainer et c’est reparti pour le mal de mer dans la fosse ! Mais c’est le moment pour The Doberman de sortir sa guitare. On a beau l’avoir entendu à chaque concert depuis la sortie d’Empire en 2006, mais en live, elle est simplement encore plus réussie que sur CD et elle a totalement sa place sur scène. Encore plus si c’est le public qui la chante en partie tout seul. Et hop on enchaîne avec Fast Fuse et Misirlou (issue de Pulp Fiction) où Tom Meighan nous gratifie d’une danse assez improbable (mélange de la danse mythique du film et d’un je-ne-sais-quoi issu de l’esprit pas très clair du chanteur !). En tout cas, c’est la fête sur scène, dans la fosse et au balcon. Et Vlad the Impaler ne va pas calmer le jeu. Encore moins si la chanson est suivie d’LSF. Celle qui avait pour habitude de clore leur set est reléguée juste avant le rappel. Alors oui, ça fait 7 ans qu’ils la chantent, ils doivent en avoir marre, n’empêche, même si on a une petite idée de sa remplaçante, c’est un petit changement qui fait bizarre.

Forcément une fois le groupe parti, c’est au tour du public de faire du bruit et rien de tel que de reprendre LSF ! Au bout de quelques minutes, les mecs de Leicester reprennent leur place et c’est une toute nouvelle chanson qui vient ouvrir la 2ème et dernière partie du concert. Et quelle chanson ! Switch Blade Smiles est une sorte de Stuntman en plus heavy, avec un son effrayant et tout aussi excitant. A voir si le résultat est aussi bon en version studio. La réponse demain en vous connectant au site de la radio BBC Radio 1 entre 20h et 22h (heure française) puisqu’elle sera diffusée en exclu. Vous êtes prévenus.

Mais revenons au concert qui touche à sa fin, avec en toute logique Stuntman et donc Fire qui fera résonner ses chœurs bien après le départ du groupe bien content d’être de retour. Ils se font des câlins, des bisous, des sourires… C’est-y pas mignon ?

Le public, plus que satisfait, quitte l’Academy saccagée, en chantant du Kasabian dans les rues de Leeds jusqu’à ce que chacun retrouve ses pénates.

A noter que le groupe sera au Main Square Festival le 2 juillet, et à Musilac le 16 juillet entre autres festivals et n’oublions pas le Zenith le 22 novembre prochain.

Setlist 

Club Foot
Where did all the love go
Underdog
Shoot the Runner
Velociraptor
Cutt Off
Thick as thieves
Take Aim
Empire
The Doberman
Fast Fuse/Misirlou
Vlad the impaler
L.S.F (Lost Souls Forever)

Rappel

Switch Blade Smile
Stuntman/I feel Love
Fire