La Fête de la Musique avec Foy Vance, et ses copains

En ce 21 juin, il était impossible pour Touteouïe de ne rien faire. D’accord, en Angleterre, la Fête de la Musique n’existe pas (en dehors de Londres). Il n’y a pas de chanteurs dans les rues, enfin pas plus que d’habitude. En bref, c’est un jour normal. Mais en bonne française, amoureuse de musique, Touteouïe décida à la dernière minute d’aller faire un tour au Brudenell Social Club, voir ce qui s’y passait. La fraîchement nommée, Meilleure petite salle du Yorkshire, par NME, le Brudenell recevait un chanteur nord-irlandais, répondant au nom étrange de Foy Vance. On écoute vite fait avant d’y aller et hop, c’est parti. C’est donc soirée découverte au programme.

Et ça commence, avec du retard, avec un petit groupe de Leeds, Joseph & David. Plutôt impressionnant, il faut l’admettre. Il suffit d’un piano, d’une guitare (ou banjo au choix), d’un violoniste et surtout d’une voix puissante. Malheureusement pas assez puissante pour couvrir le public très bavard, ce qui est bien dommage. C’est beau, touchant, pas forcément révolutionnaire mais en terme de folk/acoustique, la révolution musicale n’est pas non plus le maître mot. En tout cas, ça fait son petit effet à Touteouïe.

Une courte pause et c’est un Londonien, Marcus Foster, qui entre en scène. Un homme, armé d’une magnifique guitare Fender, lance des chansons joliment écrites. Le personnage de Marcus Foster est tout aussi important que sa musique et c’est un plaisir à découvrir ! Il est à fond, il fait son show jusqu’à un problème technique, terminant une de ses chansons de façon inattendue. Le public applaudit sans savoir que ce n’était pas prévu, pendant que Foster continue à faire l’idiot tentant de régler le problème. Il faudra l’arrivée des techniciens pour arranger ça et ils auront de quoi faire pendant le concert de Foy Vance malheureusement. Qui aurait cru qu’un set acoustique ait autant de problèmes ? Mais revenons à notre mouton. Foster n’hésite pas, en plus de ses chansons, à raconter des anecdotes dont tout le monde se fout, même lui d’ailleurs, et tente de faire remarquer le bavardage impressionnant qu’il y a dans la salle. Il fait néanmoins un très bon set, terminé en beauté avec la venue imprévue de Foy Vance venu jouer du tambourin en dansant. La soirée s’annonce très très bien.

Foy Vance

Et c’est le moins qu’on puisse dire. On s’installe tranquille assis, devant la scène et on attend son arrivée. Le voilà. Il s’approche du micro : pas de son. Il essaie à nouveau, rit avec le public avant de repartir. Le public a été mis dans la confidence « On fait comme si de rien n’était, ok ? Je repars en coulisses, les mecs vont régler ça et quand je reviens, faites le plus de bruit possible » Et c’est ce qu’il se passe 5 minutes plus tard. Le public semble avoir trouvé son gourou et écoutera religieusement ses chansons. Enfin ! Et ça se comprend : il y a quelque chose de multifonctionnel en Foy Vance : blues, folk, groove, gospel… Et tout comme Marcus Foster, le chanteur irlandais a une bonne dose d’humour et d’autodérision, mêlant chanson à petites histoires, improvisations. On a souvent l’impression qu’il ne sait plus de quoi il parle au bout d’un moment, mais en fait, cela fait partie de son personnage. Il prendra même 5 minutes à nous faire une impro de Sex Machine de James Brown, avec le public jouant le jeu, dansant et faisant les chœurs. Très joli résultat. Mais pas autant que pour sa chanson d’avant rappel que le public chantera seul pendant deux-trois minutes avant qu’il ne revienne sur scène. Cela n’a pas grand-chose de spécial quand c’est simplement chanté, mais quand au bout d’un moment, la chanson évolue toute seule, et que diverses tonalités s’ajoutent à différentes façons de battre la mesure, c’est un vrai beau moment musical.

En bref, cette fête de la musique imprévue aura été un beau succès, des découvertes et de la musique. C’est le but du jeu non ?