Bright Eyes – Live à Leeds

3 mois que ce ticket de concert trône sur l’étagère et fait de l’œil. En ce 13 juillet bien frileux, Bright Eyes est enfin à Leeds pour défendre  The People’s Key sur scène. Et le moins qu’on puisse dire est que Touteouïe n’était pas la seule à attendre ce moment avec impatience, à en juger par la foule amassée devant la salle. En même temps une tournée pour chaque album ça veut dire : pas de Bright Eyes sur scène pendant 4-5 ans, alors forcément…

C’est Jenny and Johnny, produit 100% californien qui assure la première partie du groupe de Conor Oberst. Avec un nom pareil, Touteouïe s’attendait à un duo à la Julia and Angus Stone, que nenni. C’est bien plus rock/bluesy. C’est frais, ça ne changera pas notre vie mais c’est sympatoche. Johnny prend la parole : « On nous a dit de faire gaffe à Leeds parce que les gens sont tranchants » (allusion aux attaques à l’arme blanche plutôt communes dans le coin). Le public est plutôt de bonne composition et fait un bel accueil à cette première partie.

Vers 21h, Bright Eyes entre en scène. Oberst prend place sans un regard et sans un mot et commence le set avec Another Travelin’ Song issue de I’m Wide Awake, it’s Morning. Yeux fermés. Il enchaîne avec deux autres chansons, toujours sans aucune considération pour le public. Il est à fond dans ses chansons, tourne sur lui-même avec sa guitare et mime les paroles. Il faudra attendre la fin de Bowl of Oranges pour qu’il daigne parler un peu au public. On ne l’arrêtera plus après ! Il semble en bonne forme. Il blague même ! Niveau set list, rien à dire. On entendra toute celles qu’on voulait entendre : Something Vague (rejoint à l’accordéon par sa collègue habituellement cachée derrière ses claviers), Lover I don’t have to Love, Land Locked Blues, Poison Oak. Bien sûr, le groupe n’oublie pas les derniers titres, comme Shell Games, Jejeune Stars, Beginner’s Mind, Ladder Song et One for me, One for you (qui terminera le set d’ailleurs). On oscille entre titres énergiques, et titres à vous tirer les larmes des yeux. Le tout à 200km/h. Le groupe enchaîne 19 chansons sans pause ou presque !

Conor Oberst @Leeds

La voix de Conor est comme on l’aime, fragile, totalement à la limite de casser. Bref authentique. Oberst fait son show: tantôt en mode rappeur, tantôt se dandinant à la Brian Molko style. Il mime les paroles de ses chansons avec des mimiques plutôt étranges. Il ira même jusqu’à provoquer le public : « On vient du Nebraska et c’est un peu comme Leeds, c’est perdu au milieu de nulle part et y a rien à y faire. » Voyant que le public ne réagit pas, il rajoutera une couche jusqu’à se faire gentiment huer. Il y a des gens qui se sont fait poignarder pour moins que ça, Conor ! Mais non, lui, il a le droit dire ce qu’il veut, le public est conquis.

Après 19 magnifiques chansons, le groupe quitte la scène. Une courte pause et c’est reparti pour les 4 derniers morceaux de la soirée. Commençant par Gold Mine Gutted issue du single Easy/Lucky/Free (qu’on aurait aimé entendre, tiens !), Jenny and Johnny que Oberst semble adorer (au sens propre du terme), reviennent sur scène et vont chanter en duo une reprise de Gillian Welch, Wrecking Ball. On aura d’ailleurs l’occasion d’entendre à proprement parler la jolie voix de la demoiselle qui se cache derrière le clavier de Bright Eyes (Laura il me semble). Mais ça va être le moment de Road to Joy. Magnifique hymne. Jenny and Johnny se cachent à l’arrière et récupèrent même des percussions pour accompagner. Bonne ambiance à venir. Le public ne perd pas une miette des paroles (enfin ça a été le cas pendant toutes les chansons). Le morceau évolue, laissant Conor marmonner/crier dans un micro avec réverbérations, singer Sex on Fire des Kings of Leon, avant d’exploser au final. Il ne reste plus qu’une chanson et c’est le moment idéal pour présenter le groupe. Et à la façon talk show américain c’est encore mieux. Un jingle entrecoupe les présentations détaillées que fait Conor de ses amis. Il en profite pour faire des petits pas de danse à chaque fois. Bien 5 minutes plus tard, c’est le moment de dire adieu, avec la chanson qui ferme The People’s Key.

On aura eu droit à 2h15 de concert magnifiquement exécutées, mêlant les émotions et les humeurs. Rock n’Roll à 100% : Conor jette ses bières sur le sol, crache dans tous les coins et finira le concert à slammer dans la fosse ! Quand Bright Eyes se déplace, c’est pas pour rien. Et ça fait plaisir de voir un groupe taillé pour la scène et qui ne se contente pas du minimum syndical comme la plupart des groupes actuels… 23 chansons : pas mal pour £17 !

Setlist
Another Travelin’ Song
Four Winds
Bowl of Oranges
Something Vague
Trees get wheeled away
Lover I don’t have to love
Shell Games
Approximate Sunlight
Arc of Time
Falling out of Love at this Volume
Jejeune Stars
Beginner’s Mind
If the Brakeman turns my way
Old Soul Song (for the New World Order)
Land Locked Blues
Hot Knives
Poison Oak
The Calendar hung itself
Ladder Song

Rappel
Gold mine gutted
Wrecking Ball (Gillian Welch cover)
Road to Joy
One for me, one for you