Festival Woodstower 2011 – Interview

On en avait parlé un peu plus tôt ici, le Festival Woodstower approche. Plus que quelques jours pour se perdre dans le Grand Parc de Miribel (à côté de Lyon) et apprécier ce qui se fait de mieux dans le monde du spectacle. Le directeur du festival, Thomas Prian a bien gentiment accepté d’offrir de son temps très précieux à l’approche du Jour J pour répondre à quelques questions de Touteouïe…

TOUS au Grand Parc de Miribel pour Woodstower 2011

 

Parlez-nous un peu du festival
Woodstower repose sur une association qui emploie 4 personnes à l’année et environ une quinzaine aux alentours du festival. Le festival a démarré à la Tour de Salvagny et finalement on a déménagé au Grand Parc de Miribel en 2005, à cause du succès du festival en partie. On a eu un peu de mal à trouver un endroit souhaitant nous accueillir. Heureusement, le Grand Parc était à la recherche d’un projet et il a accepté de recevoir le Woodstower.

Est-ce qu’on peut dire que Woodstower est un festival écolo ?
Oui mais pas seulement. Le Grand Parc nous a ouvert ses portes à la condition d’intégrer au concept une idée de Respect de l’environnement et de développement durable. Woodstower est devenu le premier festival en France à proposer les gobelets réutilisables. On organise aussi des départs à vélo de Lyon pour rejoindre le festival*, par exemple. Alors effectivement, le site est un parc naturel qu’on ne veut pas abîmer avec Woodstower. Mais l’idée de développement durable va au-delà de l’écologie. Bien sûr on intègre la sensibilisation à la nature mais on insiste également sur l’échange : Il y a plus de 300 bénévoles chaque année, venant d’horizons différents : jeunes en insertion, des jeunes bénévoles internationaux également… C’est vraiment au-delà du concept écolo, l’opportunité de faire se rencontrer des gens d’univers et de cultures différents dans un contexte culturel.

Gaëtan Roussel

Et la programmation dans tout ça ?
Et la programmation joue également ce rôle de développement durable puisque en plus des têtes d’affiches qui sont cette année Gaëtan Roussel, Etienne de Crecy entre autres, on intègre des groupes en émergence qui n’ont pas forcément de médias autour d’eux mais qui ont une réelle démarche artistique qui nous touche. Ce festival c’est de tout : de la musique, du théâtre, des arts de la scène, des publics différents, le tout dans un cadre particulier. En bref des rencontres éclectiques à tout point de vue.

Comment fait-on pour faire vivre un tel festival, j’imagine qu’il y a des subventions, des partenaires.
Oui effectivement, le Parc est le principal partenaire, mais aussi la Région Rhône Alpes ainsi que Le Grand Lyon. Mais le festival est grandement auto-financé.

Justement comment ça se passe actuellement ? Est-ce plus compliqué d’organiser un tel rendez-vous, du fait de la « crise » ?
Ce n’est pas vraiment la crise des bourses qui nous touche. Par contre c’est évident que les gens sortent moins et que le gouvernement investit moins dans la culture donc oui c’est toujours un peu compliqué. Mais on est toujours là.

2-3-4 Septembre 2011

Parlons un peu de cette année, la 13ème édition donc. D’où est venue l’affiche, un hommage à Abbey Road ?
Oui, en fait c’est Alexandre Lagneau qui conçoit nos affiches depuis 3 ans maintenant. Il adore détourner les grands classiques. Il avait détourné Disney en 2009 avec le Bambi et le papillon ; puis l’an dernier, il avait repris la pochette de London Calling des Clash. Cette année il s’est attaqué aux Beatles et à Abbey Road, qui en plus d’être un classique, est aussi une pochette pleine de fantasmes : Est-ce que MacCartney était mort, et John Lennon en blanc – couleur du deuil en orient, tous ces délires de l’époque. Alors on s’est dit pourquoi pas.

Comment décidez-vous de la programmation ?
Pour les têtes d’affiche, bien sûr, il faut aller les chercher. Les artistes plus « petits » se proposent. Ça créé un mélange des genres intéressants. Après il faut une constante : que ce soit du live, du vrai spectacle. Le cadre naturel aide aussi à créer cet univers spectacle.

Est-ce du coup un festival plutôt orienté pop-rock, indé, électro, etc ?
On ne tient pas à avoir une étiquette : tiens c’est un festival de rock, d’électro, ou autre. On aime la musique et l’art de la scène. Peu importe la forme. Bien sûr, là où on essaie de garder une cohérence c’est au niveau de chaque soir en particulier. Par exemple, on ne va pas mettre Gaëtan Roussel avec Etienne de Crécy et tous les teufeurs le même soir, c’est évident. Mais ça s’arrête là. Un des artistes de cette année est une sorte d’incarnation de ce que Woodstower représente : Goran Bregovic. C’est un artiste éclectique qui touche à tout. Ça fait des années qu’il le fait et tout le monde a compris. C’est le but de notre festival.

Affiche 2010 - Alexandre Lagneau

Et est-ce que vous essayez de faire venir des artistes qui vous tiennent à cœur ?
Oui bien sûr ! Cette année par exemple, Brigitte était un vrai coup de cœur, on a vraiment tout fait pour les faire venir et on y est arrivé.

Il y a  des artistes qui vous aimeriez voir un jour jouer à Woodstower ?
Java. Surtout qu’il tourne rarement en fin d’été. Si on parle de rêves un peu moins accessibles alors PJ Harvey ou les Beastie Boys, c’est sûr.

Surtout que les Beastie Boys ne viennent pas souvent dans le coin !
Enfin faut leur laisser le temps. Un des membres sort juste d’un cancer donc on va attendre un peu, mais sinon c’est clair que ce serait vraiment un rêve de les voir jouer à Woodstower.

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Touteouïe ne saurait que vous conseiller d’aller faire un tour à Miribel le week-end du 2 au 4 septembre pour assister à la 13ème édition de Woodstower. C’est un chiffre porte bonheur alors vous ne pouvez passer que des bons moments !

Vous avez oublié la programmation ? Relisez notre article à ce propos  !

* Pour les intéressés, départ des vélos dès 13h30 de Lyon – Guillotière. Plus d’info ici.

Merci encore à Thomas Prian et aussi Marlène Gobber pour leur disponibilité.