Leeds Festival 2011 – Jour 3

C’est le dernier jour. On échange la pluie par un vent froid mais au moins le sol est relativement praticable grâce à la paille ajoutée pendant notre absence. On a pris du retard donc on rate les Pigeon Detectives même si on les entend finir le show de loin. Pas la peine d’aller jusqu’à la Main Stage et on se met à l’abri sous le chapiteau d’NME/Radio1 où Yuck joue. C’est pas mal, idéal pour rentrer doucement dans l’ambiance après deux jours musicaux humides et fatigants.

Alex Ebert

Mais il faut avouer qu’on attend surtout Edward Sharpe & the Magnetic Zeros qui finissent par arriver peu après 14h. Une troupe nombreuse prend place avant que le sosie moderne de Jésus, en pyjama blanc et barrettes pour tenir sa tignasse rentre en scène. Alex Ebert de son vrai nom est un énergumène, qui semble complètement à la masse alors qu’il sait très bien ce qu’il fait. Dès la première chanson il manque de tomber sur les bafles de retour et descend directement dans la fosse, se mêler aux gens, attraper les appareils photo et prendre des photos avec, piquer le téléphone portable d’un autre et parler à la personne à l’autre bout. Bref, ça s’annonce déjanté. Et ça ne s’arrêtera pas jusqu’à la fin. Bien dommage que ça ne dure pas plus longtemps, on en reprendrait bien une couche.

Mais non et on se rend voir la fin du concert de Grouplove, bien sympathique avant de retourner voir l’entrée en scène des Kills qu’on avait déjà vu fin mai dernier. On économise les déplacements entre chapiteau ! On ne reste que deux ou trois chansons, ça semble être la même setlist donc bon, même si les Kills c’est très très bien en live, on va aller voir ailleurs.

Ailleurs c’est Madness, le groupe de légende. Et avec le soleil c’est encore mieux. Ça danse et ça chante tranquillement. On ne le dit jamais assez : il faut toujours un groupe de ska à un festival, ça met de bonne humeur ! Après plus de 30 ans de carrière, ces bonshommes sont très en forme et très contents de voir autant de jeunes dans l’assistance.

On se dépêche de rejoindre le chapiteau du Festival Republic. On ne pensait pas rester aussi longtemps à Madness et Cults a déjà commencé. Une ou deux chansons et c’est tout ce que Touteouïe obtiendra. Tant pis. Il y a Cloud Control qui va suivre. On en avait vu un bout au Live at Leeds fin avril dernier mais on en veut plus. Leur album est vraiment une petite perle et en live ça passe bien mais ça serait bien de les voir jouer dans une salle rien que pour eux.

The National @Leeds Festival

On retourne à la Main Stage et on est content de voir qu’on n’a pas raté la chanson de Jimmy Eat World qu’on voulait voir : The Middle (oui c’est la seule qu’on connaisse !). Le groupe quitte la scène et c’est The National qui va prendre le relais dans le froid glacial. Et malgré leurs efforts, leur musique ne va pas nous réchauffer et la plupart des gens remplissant la fosse n’attende que les Strokes ou Pulp les têtes d’affiche du soir. Ce qui est dommage parce que musicalement, The National c’est un délice. La voix de Matt Barninger est d’une beauté rarement égalée. Et si en plus le groupe fait de l’humour c’est encore mieux. On les recroisera sûrement à l’avenir.

La fosse est maintenant pleine à craquée. L’arrivée des Strokes est imminente. Le quatuor américain prend place sous un coucher de soleil magnifique et c’est parti pour un mélange du dernier album vs les bons vieux tubes (Last Nite, Someday, Juicebox entre autres). Contrairement à l’année dernière, aux Eurocks où Julian Casablancas n’était pas très en forme, là c’est limite un autre homme. Sa voix est intacte et le bonhomme est même souriant et blagueur. Comme pendant My Chemical Romance, des fumigènes s’allument et le but du jeu dans la fosse est de se tenir debout porté par ses potes. Des tarés ces anglais ! En tout cas, The Strokes s’est bien débrouillé. On est réconcilié.

On change d’endroit et on se place stratégiquement afin de voir tous les effets prévus pour Pulp. Certains brûlent leurs gobelets et improvisent un feu pour se réchauffer. Bien sûr, on ne rigole pas avec ce genre de choses même si ça a fait du bien, et la sécurité a du travail pour arrêter ces petits pyromanes. 21h30 tapantes, les lettres Pulp s’éclairent derrière un rideau blanc limite transparent. Le groupe entre en scène et joue quelques minutes avant la chute du rideau sous les cris et applaudissement du public. Cela fait 10 ans qu’ils ne sont pas montés sur scène… et pourtant Jarvis Cocker est fait pour la scène, sans aucun doute. A presque 50 ans, il court, grimpe sur les amplis, se couche et se dandine sur le sol alors qu’il susurre des paroles suggestives… Bref, il n’arrête pas une seconde et entrecoupe les chansons par des commentaires au public, tout ce qui lui passe par la tête. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y a un paquet de choses dans sa tête ! En tout cas, on se régale, on danse et on se marre. Une vraie fête. Les chansons magiques comme Disco 2000 font encore leur effet 16 ans après. Evidemment, c’est Common People qui se charge de finir le show qui aura été absolument impressionnant. Certains devraient prendre exemple sur ce genre de performance. Un set parfait et incroyable qui aurait mérité un feu d’artifice pour le coup !

Une magnifique façon de finir ce festival humide et boueux mais avec de beaux noms sur le papier et sur scène…

Pulp