Kasabian – Velociraptor!

Cela fait 2 ans et demi que Kasabian a sorti l’album qui leur a apporté la consécration critique et publique : West Ryder Pauper Lunatic Asylum. Bien évidemment le groupe de Leicester ne pouvait en rester là et après une longue tournée, la troupe s’est remise rapidement au travail. Et Velociraptor! est né (ou naîtra le 19 septembre). Ont-il réussi l’exploit de surpasser West Ryder ?

Let’s Roll Just Like we used to se charge d’ouvrir l’album. Les Kasabian nous avaient habitués à une entrée en matière plus percutante (Club Foot, Empire ou Underdog). Mais ce titre est la récolte logique de ce qui a été semé lors de l’album précédent : un titre conquérant, avec une orchestration qui fait balader notre imagination. On se laisse transporter par les voix entremêlées de Tom Meighan et Serge Pizzorno.

On continue avec le single officiel : Days Are Forgotten. Véritable chanson kasabianesque, avec une intro rappelant le rythme de Processed Beats, une guitare qui lacère et un refrain qui porte. C’est la patte Kasabian sans aucun doute ni aucune véritable surprise même si le tout fonctionne très bien.

Alors qu’on se croit prêt pour une nouvelle aventure rythmée, Goodbye Kiss vient tout casser. Mettre une balade en 3ème position dans l’album, voilà qui est étrange. A la première écoute, ça sent la bonne soupe un brin kitsch, mais après plusieurs écoutes on se laisse séduire. Le refrain retro à souhait et la douceur de Tom Meighan au chant y sont pour beaucoup.

On enchaîne avec La Fée Verte, rescapée de la Bande Originale de London Boulevard, composée par Serge Pizzorno, la tête pensante du groupe. Comme beaucoup des titres dans cet album, le refrain fait vraiment tout le travail. Malgré sa longueur, on ne s’attarde pas et Velociraptor! vient réveiller l’auditeur, un peu à plat à ce stade de l’album, il faut bien le dire. On avait eu le privilège de l’avoir en pré écoute en live lors des concerts warm-up en Angleterre en juin dernier et il ne nous avait pas fait une bien bonne impression. Version studio, c’est presque pire. Touteouïe n’accroche vraiment pas à ces paroles ridicules et l’orchestration peu attirante. On passe vite notre chemin.

Acid Turkish Bath (Shelter From the Storm) est une sorte de réminiscence de Take Aim : une entrée en matière impériale avec violon et autre fioriture (attention ce n’est pas péjoratif !), un chant tripant et entêtant. On entre dans une autre dimension mais pour une fois le groupe aurait pu y aller encore plus franchement au lieu de tester la température. C’est un très très bon titre mais on reste sur sa faim.

Enfin un peu d’électro ! Ce n’est pas que ça nous manque mais quand même un peu ! I Hear Voices est une sorte de mélange entre I.D. et Secret Alphabets. Touteouïe attend sa version live avec grande impatience. Ça promet de tripper dans la fosse. Mais on n’a pas le temps d’en profiter que Re-Wired vient secouer. Les batteries et guitares brutes prennent le contrôle, dans un esprit profondément Kasabianesque là encore. Le refrain promet de faire monter la température de quelques crans en live.

Alors qu’on pensait avoir repris le chemin de l’électrique, Man of Simple Pleasures vient tout changer à nouveau. On le sait, les Kasabian aiment bien casser la cadence dans leurs albums, mais là on aimerait en avoir un peu plus. La rythmique du couplet rappelle GorillazClint Eastwood. Le producteur de l’album, Dan The Automator, ne doit pas être étranger, puisqu’il a également produit Gorillaz. En bref c’est une chanson sympa mais voilà que les sons électro de Switchblade Smiles arrivent (enfin). Elle aussi présente sur la set list des warm up, Switchblade Smiles est aussi bien en studio qu’en live et heureusement qu’elle est là d’ailleurs. Elle est dangereuse, elle attaque, elle est limite violente, le tout sur un fond d’électro/rap. Tout simplement magistrale.

Il ne reste plus qu’une chanson : Neon Noon. Tout comme le disque commençait « bizarrement » pour du Kasabian, le final l’est tout autant. Une petite balade acoustique/clavier vient clore le chapitre Velociraptor!

De manière générale, le dernier album des Kasabian est encore un très bon album. Plus le temps passe, plus ils mûrissent et tentent de se démarquer de ce qui se fait musicalement actuellement. Cependant, le groupe n’aura pas réussi à réitérer la surprise que West Ryder Pauper Lunatic Asylum avait été. Velociraptor! est une sorte de petit frère de West Ryder, avec les mêmes schémas, sauf que la mayonnaise prend moins bien.

A paraître le 19 septembre. On en profite pour rappeler que Kasabian sera également en concert au Zenith de Paris le 22 novembre prochain.