U2 – Achtung Baby 20 ans après

Il y a 20 ans aujourd’hui sortait Achtung Baby, l’album qui mit U2 définitivement en orbite, peu importe les qualités plus que variables des albums suivants. Les hommages se sont multipliés ce mois-ci. L’album a été réédité fin octobre dans un coffret plutôt alléchant pour les collectionneurs. Q Magazine a même demandé à divers artistes de reprendre le fameux disque : un résultat plutôt partagé entre du très bon (Jack White, Patti Smith) et du très mauvais (The Killers, Glasvegas). Pour son hommage, Toute Ouïe a décidé de déléguer à plus spécialiste, l’analyse de ce phénomène et le pourquoi du comment du succès de l’album des 4 Irlandais. 

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En 1991, alors que le monde est bouleversé par la chute du Mur de Berlin et l’effondrement de l’empire soviétique, U2 cherche sa voie, après Rattle and Hum, album inabouti. Après quelques séances d’enregistrement infructueuses à Dublin, le groupe s’exile à Berlin, témoin de cette transformation majeure du monde.

U2 en plein transit

Le titre de l’album donne le ton. Le monde change, U2 aussi. Zoo Station, du nom de la plus grande gare de Berlin, ouvre ce nouvel album et sert d’introduction à ce nouveau son, plus policé, plus électrique, plus recherché. La batterie est bien-sûr toujours présente mais elle est moins brute que dans les premiers albums de U2 comme War. Even Better than the real thing comfirme la voie prise par les Irlandais et One consacre ce chemin. Ce single devenu monument de la culture rock interrogera les fans sur son sens. Parle-t-on de la fin d’un couple, de la fin d’une histoire d’amitié, d’une relation père/fils ? Toutes les interprétations sont possibles. Mais ne serait-ce pas une chanson sur l’Amour universel, qu’importe sa nature ?

Until the End of the world  et Who’s gonna ride your wild horses sont aussi des chansons empruntes du contexte de cette décennie de fin de millénaire : incertitude, peur, et espoir. So cruel est de la même veine que les précédentes chansons, un fond de mélancolie teinté de confiance en des jours meilleurs. Même si les paroles de ces trois titres sonnent comme des interrogations, le son, lui est sûr, abouti, U2 est un groupe rock qui avance et n’hésite pas à se servir des avancées de la musique électrique voir électronique. The Fly, avec sa guitare en bruit de scie sauteuse, et l’alternance des deux voix est une autre illustration de cette rupture consommée avec le rock monolithe des années 80. L’angoisse qui se dégage de The Fly est également perceptible dans Mysterious Ways. Nous sommes au cœur de l’album, comme au fond d’une âme en proie aux doutes…

U2 à Berlin

Les quatre derniers titres sont plus sereins et les sons plus apaisants, comme si après nous avoir fait partager ses tourments, le groupe souhaite nous emmener vers une mer plus calme. Tryin’ To Throw Your Arms Around The World est plus positive, le son plus limpide. Alors que nous pensons que le voyage arrive à son terme, U2 nous attrape et nous envole avec son Utlraviolet. Une fois dans le ciel, même dégagé de U2, il nous faut devenir Acrobat pour suivre les Irlandais qui n’arrêtent pas de surprendre. Nous terminons ce voyage en montagne russe, par la très calme, sereine et somptueuse Love is Blindness qui nous rappelle juste l’essentiel…

Achtung baby est définitivement un album majeur pour les quatre Dublinois les plus connus au monde. Il clôture les débuts, la recherche de création et annonce que le groupe se connaît et qu’il est prêt à affronter cette nouvelle ère, à continuer à innover pour traduire en musique les affres de ce monde occidental tourmenté, en quête de sens.

Merci à Mezz qui a bien voulu prendre de son temps pour revenir sur ce disque incontournable.

Pour écouter les reprises, rendez-vous sur la page Facebook de Toute Ouïe.

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