Kasabian – Live à Sheffield

Serge Pizzorno @Sheffield

Si tu es un habitué(e) du blog, tu auras sans doute compris que les Kasabian et Touteouïe, c’est une sorte d’histoire d’amour. Il y a les beaux moments et quelques petits défauts mais on fait avec et on finit par s’habituer. Après une tournée warm-up en juin, la sortie de Velociraptor! en septembre, le groupe de Leicester fait désormais le tour des grandes salles anglaises après avoir laissé apparemment un souvenir impérissable au Zenith de Paris fin novembre dernier.

Le rendez-vous est donné à Sheffield cette fois. Les places de la fosse vite vendues feront des frayeurs à Touteouïe mais merci Twitter pour ton aide ! Et c’est bien fraichement et humide qu’on se retrouve dans le sud du yorkshire pour cette date exceptionnelle.

La première partie est de qualité puisqu’il s’agit de Miles Kane qu’on avait vu au Leeds Festival en août dernier. Kane est un artiste né pour être sur scène. Il aime ça et prend cette mission très à cœur, que ce soit en festival ou en première partie. Son attitude sincère et des chansons efficaces sont une recette qui fait mouche sans difficulté. Mais peu avant la fin de son set, Serge Pizzorno décide de faire une surprise à son ami et vient chanter et danser sur scène avec lui. Il laisse Kane finir son show en saluant la foule. Le petit liverpudlien (de Liverpool), un peu sous le choc, continue d’exciter le public avant de laisser la place au staff de Kasabian.

Quelques minutes plus tard, la lumière peut enfin s’éteindre et le rideau tomber, laissant apparaître un écran en demi cercle derrière la batterie. Le son de Days are forgotten se fait entendre. Le groupe n’est toujours pas sur scène mais ça pousse et secoue déjà bien. Au bout de quelques minutes, l’entrée en scène se fait sans Tom Meighan. Serge semble toujours aussi excité. Foi de Touteouïe on ne l’a jamais vu comme ça auparavant et ça fait bien plaisir !

Tom prend enfin le micro, son visage s’affiche sur l’écran vert s’inspirant des lignes de sons du clip en question. Puis Meighan entre enfin vraiment sur scène, lunettes de soleil vissées sur le nez. On en prend plein les oreilles et les mirettes et ce n’est que la première chanson. On sent aussi l’enthousiasme des anglais derrière ! Mais les Kasabian n’ont pas prévu de ralentir la cadence pour autant et on enchaîne avec un Shoot The Runner toujours aussi efficace en live, suivi d’un Velociraptor! qu’on finit par apprécier écoute après écoute. C’est la folie dans l’aréna et on a un peu de mal à respirer, littéralement écrasés, mais Underdog et Where did all the love go ne vont pas améliorer la chose ! Enfin c’est les risques du métier et on ne regrette pas !

C’est alors au tour d’I.D première chanson du tout premier album du groupe à être jouée et revisitée subtilement pour envahir la salle immense de ses sons électro avec une touche infiniment plus musclée et rock. Enfin viennent Man of Simple Pleasures et Thick as Thieves chargées de ralentir un peu la danse de la fosse et on est presque ravi de les entendre arriver ! Take Aim est magnifiquement exécutée par un Serge inspiré et un écran vert troublant. Déjà là, le public n’a pas dit son dernier mot et est prêt à sauter et écraser sur la chanson sans retenue.

Le trio gagnant va déchaîner les foules qui n’ont pas besoin de grand-chose. Par trio gagnant, on parle de Club Foot, Re-wired et Empire (où Touteouïe a réussi un record d’apnée assez important pour être mis entre parenthèse !). On est content d’entendre la Fée Verte nous balader dans un trip psychédélique. On en profite pour apprécier une nouvelle fois les décors et les écrans verts. Mais on n’a presque pas le temps que Fast Fuse et Misirlou de Pulp Fiction sont dégainées.

La Fée Verte @Sheffield

Le groupe est déchaîné et Sergio est décidément incontrôlable. Il en éclipserait presque le Tom, en provoquant la foule, en se baladant de bout en bout de la scène. Il assume enfin son rôle de rock star à merveille ! Une qualité qu’on ne lui soupçonnait pas. Un petit délire sur le déguisement de Père Noël d’un membre du public fera même improviser un Jingle Bells par Jay Mehler, avec un groupe mort de rire et un public reprenant le tout. Puis c’est au tour de Goodbye Kiss de prendre la salle d’assaut et finalement, on admet qu’en live elle passe bien, principalement parce qu’on peut souffler pendant trois minutes. Puis c’est déjà l’hymne d’LSF de lancer ses accords fédérateurs que la salle reprend en cœur avant que le groupe ne quitte la scène, en laissant les caméramans prendre en photo la foule pour les besoins de leur page facebook.

Après quelques minutes, on se doute de ce qui nous attend. On a fait le calcul et on sait les chansons qui n’ont  pas encore été jouées. Aïe, ça va être la folie. Ça ne loupe pas. Switchblade Smiles voit voler les slammers, tandis que Vlad The Impaler fait sauter la foule dans tous les sens. Désormais, c’est Fire qui se charge de finir la fête avec les chants du public traditionnels. Le groupe salue et quitte la scène. Tous ? Non, Pizzorno s’éternise évidemment avant de rejoindre ses amis en coulisses.

Au final, le groupe aura exécuté 2h de concert avec une forme incroyable et l’envie de conquérir un public déjà converti à la cause. Mission accomplie. Si on se demandait pourquoi on retournait les voir encore une fois, la réponse est désormais trouvée : en concert, c’est un groupe de valeur dont les morceaux font secouer tous les recoins de la salle, qu’elle soit petite ou ici immense (entre 15,000 et 20,000 à vue de nez). C’est aussi un groupe qui réinvente les titres qu’ils jouent sans arrêt. Et puis il y a cette complicité scénique, un frontman imposant en Tom et un Sergio qui se réveille enfin. En espérant qu’il continuera sur cette voie.

Si vous ne l’avez pas compris, allez voir par vous-même à Lille le 28 février et à Strasbourg le 2 mars prochain. Sûrement d’autres dates s’ajouteront à la liste.

Setlist

Days Are Forgotten
Shoot The Runner
Velociraptor!
Underdog
Where Did All The Love Go?
I.D.
Man Of Simple Pleasures
Thick As Thieves
Take Aim
Club Foot
Re-wired
Empire
La Fée Verte
Fast Fuse
Misirlou
Jingle Bells
Goodbye Kiss
L.S.F. (Lost Souls Forever)

Rappel

Switchblade Smiles
Vlad The Impaler
Fire