Lettre à Jack The Ripper

Très chers Jack The Ripper,

Cela fait maintenant presque 4 ans qu’on n’a absolument aucune nouvelle de vous. Ça en deviendrait quasi inquiétant. Aussi inquiétant qu’une de vos chansons sombres et embrumées. Le silence est aussi une forme de musique, mais je dois dire que le morceau est bien trop long. Ça en dit trop. Plus que ce qu’on souhaiterait savoir.

Après trois albums autant réussis qu’ils sont inconnus du commun des mortels, ce serait dommage de ne pas reprendre le chemin de l’écriture torturée et dérangée, de la musique d’un autre temps s’intégrant parfaitement à ce monde hautement tordu et ridicule.

Alors certes, vous n’avez pas totalement disparu de la surface de la terre musicale puisque sortait les Fitzcarraldo Sessions en 2009. Des duos de tous les horizons. Je dois dire que c’était plutôt réussi. Surtout Animosity avec l’ex-voix d’Archive, Craig Walker. Mais le timbre particulier d’Arnaud Mazurel manque. Il donne un sens encore plus évident à Jack The Ripper. Un timbre et une présence scénique. Et puis il y a le son de Jack the Ripper, ce côté inquiétant et sophistiqué, crade et léché en même temps. Une musique qui traverse le temps et installe une ambiance bien singulière.

Et il y a aussi l’artwork, signé Juarez Machado qui vous accompagne sur les trois pochettes de disques. Tout va tellement bien ensemble. Voix, musique, scène, dessins et textes. Ces textes dérangeants, profonds, décalés, fous et violents. Ce n’est presque pas étonnant que votre premier album The Book of Lies soit sorti un certain 11 septembre 2001…

« I’m counting the hours » (Vargtimmen)
Il y a 6 ans que je garde en mémoire ce concert donné au Poste à Galène de Marseille. Il faisait chaud, peut-être 70°c (exagéré?). Vous n’aviez même pas assez de place sur la scène. Et Mazurel enchaînait clope sur clope en évacuant ses textes inspirés et inspirants  entre deux bouffées, comme une nécessité.

Ce groupe français qui ne l’était pas. Qui était tout autre, d’une autre époque et qui nous avait tous plongés dans cet état perdu étrange pendant presque 2h. Je peux le dire sans rougir, vous êtes toujours malgré tout ce temps et tous ces concerts accumulés au compteur, un des meilleurs souvenirs live que je garde à ce jour. Et je pense que ce souvenir n’a pas fini de me hanter.

Et il y avait cette affiche du First Lady Tour que j’avais piqué sur le mur de la Fac d’Aix après le concert. Elle était déjà à 70% abîmée, par la pluie et par moi qui l’avais trainée toute la journée. Elle vous ressemble tellement finalement. Cette femme nue a fièrement habillé les murs de ma chambre jusqu’à mon exil en Angleterre.

Voilà, mes chers Jack The Ripper, si vous vous perdez à lire ces lignes, bien maladroites mais sincères, s’il vous plaît, prenez en considération ma demande. Je sais que je ne suis pas la seule à vouloir un nouvel album et une nouvelle tournée.

Bonne journée à vous.

Et si ami lecteur, tu ne sais pas de qui je parle, alors ouvre bien tes deux oreilles et laisse toi envoûter par cet univers :

Jack The Ripper, c’est 3 albums:
The Book of Lies
I’m Coming
Ladies First 

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