Joseph Arthur – Redemption City

Joseph Arthur est un peu un super musicien, dans le sens super héros. Il enchaîne les albums, tous très bien écrits. Le dernier date de 2011, c’est dire s’il est rapide… Il se balade de continents en continents apporter la bonne parole, a proposé des concerts enregistrés en direct bien avant que ce soit la mode et là il offre un double album à télécharger sur son site internet.

Oui, tu as bien lu : un double album. En tout 24 chansons pour presque 2h d’écoute à déguster gratuitement. Miam.

A l’heure où MegaUpload est forcé de fermer ses portes, Arthur, lui, profite de l’instantanéité d’Internet pour donner à qui veut l’entendre ces mots si bien trouvés. Redemption City est le titre. Pour ceux qui connaissent un minimum Joseph Arthur, 10 ans plus tôt, paraissait le très bon Redemption’s Son. Un problème de rédemption chez le bonhomme ? En fait, il explique que non, un de ses amis lui avait proposé Redemption City à l’époque et il avait adoré, sauf que Redemption’s Son était déjà en production. Il était trop tard pour changer le titre. Une fois les explications de vocabulaire faites, il serait temps de parler de l’album en lui-même, non ?

Attention chef d’œuvre alerte ! On ne mâche pas nos mots. On aurait pu trouver mieux à écrire mais Touteouïe n’a pas forcément le talent d’écriture de Joseph Arthur ! On entre dans Redemption City plus vite qu’il s’est téléchargé et on déambule au gré des ambiances qu’Arthur créé avec sa musique et ses mots. Avec Travel as Equals ouvrant l’album, on succombe dès les premières paroles. Et on n’a pas fini…

Arthur se sert des mots comme d’un instrument au même titre que la guitare. Il scande plus qu’il ne chante et ajoute une certaine touche électro folk acoustique au tout. Tout s’emboîte parfaitement. Les morceaux se suivent et on ne s’ennuie pas une minute. On part en voyage avec Joseph Arthur et on aime ça. Il fait nuit, on déambule dans les rues et on espère un monde meilleur. Promis, on n’a ni bu ni pris de substance illicite avant d’écrire cette phrase mais c’est l’ambiance d’Arthur qui nous a emmené bien loin dans la ville de la Rédemption.

Joseph Arthur

La 2ème partie de Redemption City est une collection de titres qui n’auraient jamais vu le jour selon l’auteur, s’il n’avait pas permis de le télécharger avec la 1ère partie. D’après Arthur, on peut s’en passer si on ne veut pas un double album, mais quand on s’est délecté lors des différentes écoutes des 12 premières chansons pourquoi s’arrêter là ?

Et c’est un morceau de presque 12 minutes qui ouvre le 2ème acte. Un solo de guitare inspiré embrume le morceau et on se demande à quelle sauce on va être mangé. Une sauce plus ésotérique portée par Fractures et sa sorte de prière. Musicalement, le 2ème acte complète assez bien le 1er tout en étant un tantinet plus électro et encore plus poussé et expérimental que ce qu’on avait entendu jusque-là. Précisons qu’expérimental ne veut pas dire inaccessible. En fait, on est même très à l’aise dans cette ambiance particulière installée par chacun des morceaux.

L’album se termine par une « reprise » de Travel as Equals, un moyen de boucler l’affaire dignement. Et différemment. Il chanterait même presque. Plus fragile, plus mélancolique. Comme un voyage qu’on n’a pas envie de finir… A ce propos, on prendrait bien un 3ème acte.

On avait déjà beaucoup d’affection pour Joseph Arthur depuis In the Sun surtout, mais Redemption City enfonce le clou tellement profondément que là, ce n’est plus de l’affection qu’on a pour le songwriter poète hippy américain.

Va faire un tour sur le site officiel de Joseph Arthur pour récupérer ce chef d’œuvre et dis ce que tu en penses. Et si tu es satisfait, tu peux même lui faire une donation pour l’encourager à continuer comme ça (bah oui l’enregistrement d’un album n’est pas gratuit). Mais comme il l’a tweeté hier :

« I find the act of selling music or anything at all quite boring, I’d rather give it all away and be free”. (Je trouve ennuyeux de vendre la musique ou toute autre chose. Je préfère l’offrir et être libre)

Merci.

http://www.josepharthur.com/

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