The Twilight Sad – Live à Leeds

Brudenell Social Club

Touteouïe est passée en hibernation niveau concert, c’en était presque inquiétant : 2 mois et 6 jours sans mettre les pieds dans une salle de concert. Mais il fallait commencer 2012 correctement. Trouver le bon groupe pour se remettre sur les rails. A en juger par les post it collés un peu partout sur le bureau, on a raté plein de groupes : M83, Explosions in the Sky, Clap your Hands Say yeah entre autres.

Puis alors qu’on n’y croyait plus, on apprend par le plus grand des hasards que les écossais de The Twilight Sad sont de retour avec un nouvel album et qu’en plus ils sont en tournée anglaise. Leeds est sur leur chemin le 16 février. Une occasion de retourner au Brudenell Social Club et de revoir ce groupe qui nous avait fait une très belle impression lors du Live at Leeds.

A peine sur place qu’on est accosté par un écossais de Glasgow. On va vite comprendre que les écossais semblent enclins à raconter leur vie. En 10 minutes on sait tout de la sienne. Heureusement RM Hubbert monte sur scène pour assurer la 1ère partie. Un homme s’installe sur sa chaise, sort sa guitare et là plus un bruit dans la salle. Tout le public reste scotché devant la dextérité impressionnante de ce jeune homme de Glasgow lui aussi. A croire que les Ecossais sont décidément partageur, on connaîtra aussi tout de la vie de l’artiste sur scène, mais ce n’est pas grave. Il est vraiment plus que doué à la guitare. Il a sorti un album de collaborations avec d’autres écossais, mais il pousse quand même la chansonnette de temps en temps. En tout cas, on passe un très bon moment et c’est rare de voir une audience aussi silencieuse pour une première partie. Ça fait plaisir.

The Twilight Sad @Leeds

On attend un petit peu. Les membres de Twilight Sad se baladent dans la salle, font les balances tranquillement. A la bonne franquette ! Puis ils montent enfin sur scène. Dès les premières secondes, on est comme happés dans une spirale saturée et joliment portés par la voix de James Graham, toujours aussi habité par ses paroles. On n’en est qu’à la première chanson et on a déjà l’impression d’avoir reçu une claque monumentale. On en redemande même. Ça tombe bien, le groupe en a plein son répertoire.

Graham tourne le dos à une moitié de salle puis à l’autre. Puis soudain il ouvre les yeux et scrute l’audience, avec peur comme s’il était prêt à être abattu sur place. Il y a une présence assez captivante dans ce personnage qui crie silencieusement (oui c’est possible, il faut le voir pour le comprendre) loin de son micro en fin de chansons, discret et impressionnant, ici et ailleurs.

Cette ambivalence constante colle parfaitement à la musique de Twilight Sad. A cette batterie qu’on ne remarque pas tout de suite mais qui est technique et magnifiquement exécutée. A ce guitariste aux larsens puissants noyant la salle avec son compère du clavier. A cette basse qui surplombe le tout. Une alchimie vraiment rare.

Le son est bien mieux réglé que lors du Live at Leeds et heureusement ! Mais un premier souci technique au bout de quelque chanson déstabilise un court instant le chanteur qui doit se débarrasser de ses oreillettes essayant de s’entendre dans le vacarme mélodique. Mais sa voix est toujours juste.

Il est quand même très content de récupérer ses oreilles après rafistolage rapide. Trop rapide sans doute. A peine commence-t-il Cold Days from the Birdhouse a capella qu’il échappe un « for fuck’s sake » en lançant ses oreillettes. Il décide de descendre de la scène et de se mêler à la foule pour pouvoir entendre son groupe et sa voix, car il tient beaucoup à cette chanson et ne veut pas la foirer, comme il dit. C’est donc de la fosse que Graham interprète un des plus beaux titres issu de l’album Fourteen Autumns & Fifteen Winters.

La scène est plutôt surréaliste de là où on est. A l’écart, on ne voit pas vraiment Graham à part lorsque les flashs d’appareils photos l’illuminent furtivement. Mais on l’entend parfaitement et rien que l’introduction donne des frissons. Le groupe entre ensuite dans l’action au bout de quelques minutes. Et c’est une claque massive qu’on vient de se ramasser à nouveau.

Le chanteur semble apprécier sa place et interprète une autre chanson dans la fosse avant de rejoindre la scène pour les deux derniers titres. On reste sans voix, complétement violenté par ce concert d’une force et d’une intensité hypnotiques. A l’heure même où on écrit cet article on n’en revient toujours pas.

Ce fut une bien belle façon de commencer l’année 2012 en concert mais la barre est vraiment très haute.

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Credit Photo Live: Thomas Harrison-Lord