Leeds Festival 2012 – Jour 2

En ce deuxième jour sur le site du Leeds Festival, on arrive assez tôt. Peu de gens sont là et on est accueilli par What a Wonderful World, dans un décor embrumé et saccagé par le passage de la veille. Comme on a un peu de temps avant de commencer le premier concert de la journée, on décide de se prendre un bon café bien serré histoire de se réveiller. Tous les stands révisent leur classique de The Cure. Pas forcément adéquate d’entendre Let’s Go To Bed lorsque tu viens prendre un café !

Il est vite l’heure de rejoindre le chapiteau du Festival Republic où nos petits chouchous irlandais de Funeral Suits sont sensés ouvrir le bal. Rappelle-toi on en avait parlé ici. Le quatuor prend place dans un chapiteau bien vide mais ils s’emploient à faire le show pour les personnes ayant fait l’effort de se lever tôt pour les voir. Les instruments et le micro s’échangent entre les membres du groupe selon les chansons. Il y a bien que le batteur qui n’a pas changé de place en 25 minutes de concert. Leurs morceaux nous font entrer dans le bain du festival. On aime, on adore même, leur style et le temps passe très (trop) vite en leur compagnie. C’est déjà fini et notre trek quotidien peut reprendre : direction la BBC Introducing.

Les Marsicans ameutent le client avec leur tour du site, pancarte au bras. Voilà qui met dans l’ambiance. Et ils ont déjà une troupe de fans accrochés à la barrière. Leur pop-rock léger, largement épaulé par une basse omniprésente, fait sortir le soleil de derrière les nuages. On passe un bon moment, avec distribution de t-shirt et d’EP à la volée.

A la fin de leur set, on retourne sous le Festival Republic pour entendre une petite chanson de Palma Violet. Oui, une seule, parce que Hadouken! va monter en scène sous la NME/BBC 1. Et on a très envie de les voir. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’on n’est pas les seuls. Le chapiteau est plein à craquer et on sera écrasés les uns contre les autres pendant toute la durée du show, comprenant nouvelles chansons et titres à faire tomber la toile du chapiteau. Hadouken! nous livre un spectacle sans fausse note et avec entrain. Une ambiance explosive du début à la fin.

Ciel bleu au dessus de la BBC Introducing

On retourne du côté de la BBC Introducing pour prendre un peu d’air mais vu le temps qu’on a mis pour sortir d’NME/BBC 1, on ne pourra pas y rester bien longtemps pour écouter Family of the Year puisque Spector va entrer en scène. On a déjà vu Spector, lors du Constellations Festival l’année dernière et il nous avait une belle impression. En un an, ils en ont fait du chemin. De la petite salle du Constellations Festival, les Spector sont maintenant sous l’énorme chapiteau NME/BBC 1. Tant mieux pour eux, parce qu’en live c’est un vrai plaisir à voir. Le chanteur à la tête d’Harry Potter gominé, fait l’effort de parler au public et de la faire participer. Nous, on adore ça !

A la fin du set, la pluie s’est mise à tombée et The Hives sont les prochains sur la liste. Le chapiteau se remplit sans difficulté. On restera dehors. De toute façon la pluie s’arrête dès leur venue sur scène ! Chapeaux haut-de-forme vissés sur la tête, les Suédois sont égaux à eux-mêmes : gros son qui tâche, un frontman totalement déjanté qui nous fera toujours autant rire, mais voilà, les Crystal Castles sont sur scène à l’autre bout du site… Heureusement les chansons des Hives étant relativement courtes, on a pu en entendre 4 avant de partir !

Direction la Grande Scène donc pour le duo électro qu’on avait raté l’année dernière à cause des Strokes. Lorsqu’on arrive, Alice Glass est déjà sans dessus dessous. Elle saute dans la fosse, boit de grandes rasades de whisky pur, se roule par terre dans la boue, se cache sous sa veste. Bref son attitude est perturbante et on ne sait pas vraiment si elle joue un rôle ou si elle est vraiment perchée naturellement. Mais musicalement, c’est ce qu’on attendait et on n’est pas déçu.

Pour une raison obscure, le prochain groupe sur notre liste est Attention Thieves! Obscure, parce que ce n’est pas franchement notre tasse de thé mais on restera jusqu’au bout avant de rejoindre la Festival Republic pour Alt-J qu’on écourtera en faveur de Passion Pit prévu un quart d’heure plus tard. Leur pop-rock synthétisé est un régal pour les oreilles et fait danser les foules. Pas le temps de se poser. On rejoint la Grande Scène pour notre pause déjeuner (à 18h30 il serait temps !) alors que Bombay Bicycle Club est déjà en train de jouer. Il faut avouer qu’on est peu réceptif même si ça s’écoute bien.

Direction la Dance Stage pour Bouncing Souls. Le punk rock du groupe vieux de 20 ans n’a aucune difficulté à secouer le chapiteau bien rempli pour la cause. On en oublierait presque que Bastille se produit à l’autre bout du site et c’est bien dommage car lorsqu’on finit par arriver, le groupe n’a plus que 2 titres à jouer et on a beaucoup aimé ce qu’on a entendu…

On reste en dehors d’NME/BBC 1 pour The Courteeners. Plus beaucoup de temps à attendre avant la venue de The Cure sur la Grande Scène. On avait beaucoup aimé le premier album de The Courteeners, mais depuis on les avait perdu de vue et finalement, ce n’est pas bien grave vu ce qu’on entend. Le groupe semble se diriger vers la dance délaissant le rock indé qu’on avait eu l’habitude d’entendre. En live, c’est lisse et ça manque de saveur. Pas de regret de les quitter avant la fin de leur set pour voir The Cure.

The Cure

Le concert qu’on a attendu toute la journée et depuis des mois va pouvoir commencer. Il est 20h30 et The Cure entre en scène. Les projecteurs envoient leurs faisceaux blancs dans le public amassé alors que le gang de Robert Smith joue Open. C’est parti pour presque 3h de show aux allures de Best Of, avec un leader en pleine forme. On ne l’avait même jamais vu comme ça, c’est dire ! Il offre une interprétation plus qu’inquiétante de Lullaby, provoque la foule au milieu d’une chanson avec des « Hellllloooo ! » hystériques, il sourit même. Bref c’est du haut niveau auquel on a droit. Les morceaux s’enchainent avec un délice non négligeable : de Lovesong à Lullaby en passant par Friday I’m in Love, Just Like Heaven, Pictures of You. Pour ne citer qu’elles. On a aussi le grand plaisir d’entendre des morceaux beaucoup moins joués comme la magnifique Trust issue de l’album Wish ou la puissante Want (notre préférée !) issue de l’album parfait et trop méconnu, Wild Mood Swings.

Au bout de plus de 2h de show, le groupe quitte la scène pour le rappel. On n’a pas vu le temps passer tellement on dégustait chaque seconde. C’est un rappel de 7 chansons qui nous attend et pas des moindre : Close to Me, The Lovecats, Why Can’t I be You, Let’s Go to Bed, entre autres. Avant de terminer le show par un dément Boys don’t Cry que tout le monde attendait, Robert Smith nous dit « Je crois que c’est la fin… Merci Leeds, je me suis bien amusé ce soir ». Alors si Robert Smith s’est amusé, c’est que c’était une sacrée soirée !

Voir The Cure en concert c’est réel évènement, et ce soir là comme pendant toute cette tournée exceptionnelle, le groupe aura su montrer qu’il n’a pas usurpé sa carrière. En même temps avec une setlist de 32 chansons, on n’a pas été trompé sur la marchandise !

Il ne nous reste plus qu’un jour. On est épuisé mais comme dit The Cure, « Sleep when I’m dead ».

Publicités