Saez – Messina: Les Echoués, Sur Les Quais, Messine

Le triple album de Saez, Messina : Les Echoués, Sur Les Quais, Messine est enfin sorti en ce lundi 17 septembre. Un album de Saez, avant de l’avoir, on se demande ce qu’on va bien pouvoir entendre. Qu’aura-t-il prévu de faire, d’écrire, de composer ? Sera-t-il à la hauteur de nos espérances ?

2 ans après la sortie de J’accuse, album résolument rock, partagé entre la rage (parfois bancale) contre la société et les titres plus personnels, Saez a décidé de frapper un grand coup sur la table. Il est encore là.

3 albums, ça peut très vite être indigeste mais avec Messina, on ne peut s’empêcher d’écouter les albums en boucle toute la journée, comme s’il ne restait plus que Saez à écouter ? Peut-être est-ce en partie vrai. Si Touteouïe écoute peu de groupes français, c’est qu’il n’y a personne qui nous donne envie de nous y plonger. Saez arrive, lui, là où d’autres échouent. Son écriture a mûri avec lui et s’est peaufinée au fil des albums, pour donner des perles musicales qu’il s’amuse à parsemer dans Messina.

Les Echoués, placé en premier dans la liste des trois albums annonce ce qui va attendre l’auditeur : arrangements tantôt rock, tantôt musique classique. Fin des Mondes qui ouvre le triptyque est la transition toute trouvée entre les thèmes abordés dans J’accuse et ceux qui vont être abordés. Montée en puissance finement menée. L’album est nettement plus engagé que les deux suivants, mais contrairement à J’accuse qui ne faisait pas toujours dans la finesse, Les Echoués est plus abouti. Le message passe mieux. Puis, on redécouvre Marie, déjà interprétée en live 5 ans auparavant lors de sa tournée acoustique, qui est désormais affublée d’un orchestre majestueux et l’interprétation brelienne de l’artiste. Brel est sans doute la grande influence qu’on avait déjà remarquée à Damien Saez. Mais il ne singe pas le chanteur belge. Non, il s’en rapproche par la sincérité et l’énergie qu’il déverse dans les chants.

Le rock n’est pas en reste. Sur Les Quais envoie une ambiance plus électrique (Marianne et Sur Le Quai en fer de lance) sans laisser de côté une pointe de nouveauté avec les aspérités western de Planche à Roulette. Plus brut de décoffrage, cet opus est idéal pour se défouler, tandis que sur Messine, Saez prend de la hauteur. Le disque semble encore plus personnel et plus posé que les deux précédents avec des titres à faire monter les larmes sans difficulté, comme Les MeurtrièresChâtillon sur Seine ou Aux encres des Amours se terminant sur un tango sanglant et cinglant. Saez revient à ses premières amours : la musique classique comme entre autres, sur les  morceaux Thème Quais de Seine ouvrant Messine ou Thème aux encres des amours rappelant son 2ème album, God Blesse/Katagena. On en prend plein les oreilles et les sentiments fluctuent et s’amoncellent au fur et à mesure de l’avancée de ces trois disques différents et complémentaires.

Ce qui est flagrant une fois qu’on a écouté le nouveau projet de Saez, c’est que le monsieur est un orfèvre de la musique. Il sait magnifier ses morceaux aux thèmes « classiques ». Des arrangements travaillés selon l’humeur de l’artiste, des paroles imprégnées d’amour, d’un peu de société et de beaucoup de peine sont nécessaires à sa recette magique pour faire de simples chansons des véritables bijoux.

Messina regroupe 27 titres disséminés sur 3 disques totalisant presque 2h30 de musique à déguster, à avaler, à se resservir à volonté. Saez reste fidèle à lui-même. Il fait son chemin sans concession de romantique à fleur de peau sans jamais tomber dans la mièvrerie ni la guimauve. Saez est au sommet de son art et signe un triple album qui est sans doute le plus abouti de sa carrière. Aussi, Messina se hisse sans problème en tête de nos albums préférés de 2012, voire même de la décennie. Oui, carrément.

Rappelons que Saez partira en tournée et ce jusqu’en mai. Par ailleurs, en décembre, le monsieur sort un autre album (oui, encore un), Miami. Sois prêt !

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