Noel Gallagher’s High Flying Birds – Live à Lyon

Leeds n’est pas très loin de Manchester. Il nous est arrivé d’y faire un tour à plusieurs reprises et bien sûr, on ne peut pas ne pas penser à Oasis quand on y va. On a d’ailleurs eu de longues conversations Blur vs Oasis lors de soirées arrosées chez des mancuniens. Touteouïe a toujours eu une préférence pour le groupe de Damon Albarn. Même si on ne peut pas nier qu’Oasis a un atout non négligeable : Noel Gallagher, parolier hors pair, à la liste de tubes efficaces longue comme le bras.

Noel Gallagher’s High Flying Birds

Alors forcément, lorsque l’homme vient faire un tour du côté de Lyon avec son nouveau groupe High Flying Birds, la curiosité de voir une telle légende sur scène s’est fait sentir. Heureusement, Mezz a eu la bonne idée de nous gagner deux places (fort onéreuses) et donc c’est très en retard qu’on arrive au Transbordeur. Tellement en retard que la première partie, Jake Bugg finit son set. Désolée Jake.

Noel Gallagher et ses oiseaux volants (High Flying Birds) entrent en scène peu après 21h sans décrocher un mot. Après tout, ils sont venus pour faire de la musique. Le grand frère Gallagher enchaine titres sans faire cas de la foule totalement conquise. Pas un mot donc, pas un sourire mais des morceaux qui entrent directement dans le vif du sujet : Everybody’s on the run, Dream on, If I had a Gun. Bref le groupe est venu faire un très bon travail. Professionnel avant tout.

A voir la tête de Gallagher et son mutisme au début du concert, on se dit qu’il n’a pas dû avoir une enfance facile ! Puis finalement, il se lâche un peu et réagit aux altercations du public, avec un humour très british, pince sans rire (on l’a dit, on ne rit pas chez les Gallagher !). Très appréciable. Cette légende du rock anglais n’est donc pas de marbre. Ça fait plaisir de le découvrir ! Bon, il ne sait pas vraiment où il joue ce soir-là. (« Tout ce que je sais, c’est qu’on est en France… on est bien en France hein ? »). Mais on ne va pas lui en vouloir, il a la décence d’être honnête.

La setlist nous fait le plaisir de jouer les incontournables de l’album solo mais aussi de revisiter des titres d’Oasis. Même si Noel en est l’auteur, il fait l’effort de remettre au goût du jour ces titres mythiques : Supersonic en acoustique, Whatever et Don’t Look back in Anger (pour les plus connues). Le concert se terminera d’ailleurs sur un Don’t Look Back in Anger avec un public sollicité qui chantera une grande partie de la chanson tout seul. Ça fait toujours son petit effet.

Le concert est exécuté de manière brillante. Noel Gallagher n’est pas un petit nouveau, il sait ce qu’il fait, il calibre le temps imparti. Un temps un peu court puisque le concert ne durera qu’1h30 environ. Mais on passe un excellent moment en leur compagnie. En même temps avec un album solo comme celui de Noel Gallagher’s High Flying Birds et les titres d’Oasis, il est difficile de faire un mauvais concert. Le son de la salle est parfait. Seul bémol à la soirée, sans doute la chaleur qui a failli coûter la vie (façon de parler) à Noel qui finira par montrer sa difficulté à jouer sur Whatever. Il passe son temps à s’essuyer le visage, son manche de guitare et à souffler dès qu’il a un moment à lui.

En le voyant sur scène, Touteouïe a fini par comprendre la grandeur qu’a été Oasis et ça va bien au delà d’un simple combat avec Blur. Noel Gallagher a un savoir faire imparable et des morceaux qui font mouche à chaque fois. Sur scène c’est aussi un personnage qui ne se prend pas vraiment au sérieux comme on aurait pu le penser.

Puisque Mezz a gagné les places avec Ouï FM, on se devait de lui laisser la parole concernant ce concert:

De Noël Gallagher Mezz ne connaissait rien ou presque. Elle était en première ligne lors du déferlement de Oasis dans le milieu des années 1990. Elle aimait bien ces mélodies tubesques des Abel et Caïn du rock, qui restent dans la tête, mais, alors que le duel de Britpop  entre Blur et Oasis battait son plein, elle était plutôt indifférente, estimant que les deux groupes étaient talentueux et qu’il n’y avait aucun besoin de choisir… Et si vraiment il fallait se décider, le cœur de Mezz battait plus pour la bande de Damon…

Bref, jeudi soir, en allant au Transbo avec Touteouïe, Mezz n’attendait rien de spécial si ce n’est de revivre un peu ses 15 ans. Elle ne fut pas déçue, Noël a entamé son set par un retour à l’époque d’Oasis puis a glissé tout doucement par ses compositions post-bataille fratricide. Certains morceaux étaient plus audacieux que d’autres, mais elle ne fut pas subjuguée. En revanche, elle a apprécié le bad boy de Manchester qui a mis un certain temps à desserrer les dents et saluer le public, et au fil des chansons, il s’est plus détendu, ponctuant ses phrases de « fuck », ne sachant pas vraiment où il était mais avec un humour « so british ».

Mezz serait bien incapable de vous faire une critique approfondie du concert du fait de sa non-connaissance de l’album de Noël. Par contre, elle a apprécié les reprises d’Oasis qui n’était pas de simple « copier-coller ». Elle a également découvert que les textes étaient signés d’une vraie plume, qu’il y avait de la poésie et une richesse d’images où bizarrement aucun « fuck » ne ponctue le discours.

Dans l’ensemble ce fut un concert agréable, mais ce qu’elle reprochait à Oasis dans son jeune temps, à savoir que les chansons avaient tendances à se ressembler, qu’il n’y a jamais de véritable innovation, tout cela est aussi valable pour les créations solo de Noël. Aucune chanson n’offusque les oreilles mais aucune ne se détache vraiment et c’est bien dommage qu’une si belle écriture n’est pas un plus bel écrin…

Setlist

(It’s good) To be Free (Oasis)
Everybody’s on the run
Dream On
If I had a gun
The Good Rebel
The Death of you and me
Freaky teeth
Supersonic (Oasis)
D’yer wanna be a Spaceman (Oasis)
(I wanna live in a dream in my) Record Machine
AKA… What a Life!
Talk Tonight (Oasis)
Soldier Boys and Jesus Freaks
Aka… Broken Arrow
Half the World Away (Oasis)
(Stranded on) The wrong beach

Rappel
Let the Lord Shine on me
Whatever (Oasis)
Little By Little (Oasis)
Don’t Look back in Anger (Oasis)

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