Garbage – Live à Lyon

Vendredi, c’est le jour des poubelles… et la plus célèbre est passée par Lyon : Garbage était en concert au Transbo ! Touteouïe a donc fait des pieds et des mains pour y assister (et merci d’ailleurs aux Derniers Couchés) et c’est à Mezz que revient l’honneur de t’en parler.

Il est toujours difficile d’aller voir un groupe qui rythme la BO de sa propre vie depuis près de 20 ans. On peut être déçu, surtout quand ledit groupe s’est absenté pendant 7 ans…

La première partie est assurée par Success, quatuor déjanté d’électro-rock français emmené par l’exubérant Mister Eleganz. Ce n’est pas un concert, c’est un show hypnotique à la limite de la folie. Les influences sont diverses, il y a effectivement une base d’électro-rock mais aussi du trip-hop acidulé. On oublie qui on est venu voir, on se laisse emporter par les sons tonitruants et le charisme de Mister Eleganz. Success est un groupe qui aime la scène et ça se voit. Il est certain qu’on entendra encore parler d’eux et s’ils passent près de chez toi, ne les loupe pas, vous serez conquis par leur musique à 200 000 volts.

Il est l’heure pour Garbage d’arriver, le public a été chauffé à point, on est à la limite de l’ébullition. Le groupe fait son entrée sur Control. Shirley Manson est habillée sobrement, petite robe noire avec un châle transparent rose pale. On est loin des tenues extravagantes du Zénith. Son visage semble fermé, on enchaîne avec un autre titre du dernier album Automatic Systematic Habit. L’énergie est là, le visage esquisse ça ou là quelques petits sourires, et avec Why do you love me, ça y est, on le sait, ils sont contents d’être avec nous. La froideur du début n’était que l’interprétation de la chanson, Shirley vit ses chansons, alors lorsque ses yeux lance des éclairs, ce n’est pas contre nous mais pour le reste du monde.

Les tubes s’enchainent, on a l’impression de feuilleter un album de souvenirs musicaux, le son est toujours aussi percutant. Queer et Stupid girl transforment définitivement le public en kangourous, tout le monde saute en reprenant les paroles de ces titres fondateurs de légende.

Le temps n’a pas apporté de réponse, uniquement d’autres questions sur l’essence même de l’existence et sur l’amour bien-sûr. Shirley reçoit d’ailleurs une rose blanche du public, gage d’amour pour tout un chacun ? Pas pour elle, le doute fait partie d’elle, elle ôte les pétales une à une de la pauvre rose sur I hate Love.

En revanche, une chose est certaine, tous les quatre se sont retrouvés pour nous retrouver. Les regards de connivences, la complicité du quatuor est palpable sur la scène. Shirley profite d’un moment pour nous en parler d’ailleurs. Elle explique le lien particulier que Garbage a avec ses fans français et à Lyon tout particulièrement. Et oui, c’est ici qu’elle a trouvé le premier article des Inrocks sur le groupe, alors qu’elle faisait du tourisme avec ses parents. Elle se désole de ne pouvoir faire partager son anecdote en français, elle semble tellement sincère qu’on lui pardonne.

On replonge dans nos souvenirs (Go, baby go) avec eux tout en appréciant la nouveauté avec Man on a wire. Arrive la mythique Only happy when it rains… Elle commence calmement comme une bruine automnale pour terminer dans un orage estival. On n’en peut plus, on en a pris plein les oreilles et les yeux, eux aussi d’ailleurs se sont donnés à fond, la conclusion revient donc à You look so fine.

Le public a beau être « fine », on en veut encore et Garbage revient sur scène avec son tout premier titre Vow et continue avec la BO de James Bond The world is not enough. Comme tous les grands groupes, Garbage a aussi sa place dans le cinéma que ce soit pour l’agent 007 ou un peu plus tôt dans la soirée avec #1 Crush issu de Roméo+Juliette.

En guise de final, When I grow up extraite de Version 2.0 semble tout indiqué, ils ont grandi, nous aussi, mais seuls les grands groupes traversent les crises et résistent en se bonifiant, là-dessus, il n’y a pas de doute.