Kadebostany – L’interview

Avant l’entrée sur scène de Kadebostany au Sucre de Lyon, vendredi dernier, on a pu passer quelques minutes très instructives avec le Président de la République de Kadebostany. Voilà ce qui s’est dit…

Kadebostan

Merci d’avoir accepté l’interview avec notre petit blog. Je dois dire que j’adore Pop Collection. Toutes les chansons sont vraiment très bien travaillées, avec une identité bien marquée. Ça change de ce que j’ai l’habitude d’entendre. Mais c’est limite juste trop court.
C’est vrai qu’on avait envie de faire un disque assez compact avec des formats de chansons de 3 minutes 30, 3 minutes 40. On voulait faire quelque chose de précis.

Pop Collection est sorti il y a peu. Etes-vous satisfait de sa réception ?
Il vient de sortir en France là. C’est plutôt bon. Il est sorti en Grèce et en Turquie, ça fonctionne plutôt bien aussi. C’est cool, on est content.  Ça se passe bien. Depuis le début de la tournée, on ne fait que nous ajouter des dates. On fait pas mal d’interviews très variées, aussi. Hier on était à France Inter, la semaine prochaine ce sera Europe 1, on fait aussi bien des blogs que des gros magazines de presse féminine donc c’est cool !

J’imagine que les Kadebostaniens sont fiers de vous voir franchir les frontières pour parler du pays.
Ouais ils sont hyper fiers !

Je me demandais si c’était compliqué pour Amina de travailler avec son président.
Ça va être dur de répondre pour elle. Amina, c’est une belle rencontre. A l’époque il y a deux ans, j’avais envie de partir sur un album qui rassemblerait les hits joués sur la radio Kadebostanienne. J’étais à la recherche d’une voix. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré Amina. Elle est capable d’avoir une voir soul, qu’une voix hyper rentre dedans hip-hop, avec des envolées lyriques. C’est absolument la voix qu’il faut pour la Kadebostany et puis on s’est très bien entendu. On a commencé à bosser sur Walking with a Ghost, et on ne s’est jamais quittés. On a bossé, bossé et on en est arrivé à Pop Collection. Le travail se fait vraiment dans une sorte de symbiose. Elle s’occupe des textes et elle chante, tandis que moi je m’occupe de la composition et de la production. Du coup c’est très naturel. On se surprend mutuellement. C’est vraiment LA rencontre.

Il y a tout un aspect très visuel dans votre musique, que ce soit dans la composition, les clips ou même sur scène j’ai l’impression, l’image fait-elle partie de votre conception de la musique?
On est d’une génération d’artistes qui a vraiment accès à plein de choses en termes de technologie. Pour autant, on n’est pas des spécialistes dans chaque domaine, mais on est des touches à tout. En fait, quand on pense un morceau, on ne le pense pas sans son clip. Par exemple, ça ne me viendrait pas à l’idée un jour de monter sur scène sans l’uniforme, juste en jean basket. On a des moyens mis à disposition donc il faut les utiliser. C’est ce qu’on fait à notre manière. Après la vision de la musique qu’on fait, est-elle cinématographique, absolument. Quand j’écoute de la musique, je vois un paysage, je vois des choses qui se passent au premier plan, au second plan, je vois des couleurs, etc. Du coup, après ça aide pour les clips.

Kadebostany-@-Supermafia

Ce sera la première fois que je vous verrai sur scène. A quoi dois-je m’attendre ?
L’aspect important du show c’est donner aux gens l’envie de venir en Kadebostany. On envisage le show comme quelque chose de total. Ce n’est pas juste : on vient jouer nos morceaux. On veut faire rentrer le public dans notre univers, le faire participer et puis aller trop loin certaines fois. Je ne fais pas toute cette route juste pour jouer mes morceaux et basta. Non, pas du tout. Pour résumer, en fait tu peux t’attendre à l’inattendu !

J’ai entendu dire que les fans de Facebook se voient octroyer la nationalité Kadebostanienne. Tu peux en dire plus ?
On va lancer une campagne de naturalisation très prochainement. Donc pour le moment, ceux qui ont liké la page auront l’information en premier. Il y aura plein de passeports qui vont être offerts. Ça va venir très bientôt.

Oui, parce qu’avec le passeport, on peut aller partout sans visa, c’est bien ça ?
Oui c’est ça. C’est pas mal, hein !

Grâce à votre musique, la Kadebostany est au cœur des discussions. Comment expliquez-vous que le pays soit resté inconnu au reste du monde pendant tout ce temps ?
Parce j’ai créé la Kadebostany en 2007. Donc forcément, avant, ça n’existait pas. C’est une idée qui m’est venu comme ça. On va créer un pays etc. Donc le premier album était vraiment axé sur le folklore du pays. Ce qui est plutôt un bon départ. Et à partir de cette base, on peut faire ce qu’on veut. On fait de la pop, et après je ne sais pas de quoi demain sera fait mais il y aura une suite pour sûr. Il y a plusieurs façons de voir les choses. Tu peux aimer l’album et en rester là. Ou alors, tu peux t’intéresser, creuser. Il y a plein de pistes. Tout a un lien dans ce concept de Kadebostany. Il y a plein de messages à découvrir.

kadebostany_walking_with_a_ghost_musique_drapeau

A écouter vos deux albums, il semblerait que la Kadebostany ait des influences musicales variées, des petites touches d’électro par ci, des petites touches de classique par-là entre autres. Qu’est-ce qu’on écoute en Kadebostany ? Un peu de tout ?
La musique c’est très vaste. Je ne pourrais pas dire j’écoute tel ou tel truc. J’écoute autant du jazz que de la musique classique, la techno.

C’est un challenge de jouer un peu de tout aussi ?
Non il n’y a pas du tout cette idée de challenge. Ça permet simplement de te laisser aller dans la création. Tu peux être influencé par tel et tel truc et ça va s’en ressentir dans ta production mais il n’y a pas cette volonté de créer une espèce de fourre-tout. Ça vient juste naturellement et à la fin, tu arrives avec un album comme Pop Collection, où tu as une touche de rap, de hip-hop, d’électro mais ça représente bien nos personnalités, notre manière de voir la musique.

En Kadebostany on parle quelle langue ?
C’est une question qui revient souvent. Vous parlez français mais vous chantez en anglais et même sur scène, vous parlez en anglais au public etc. Nous on fonctionne en France comme à l’étranger. En Kadebostany, on a l’habitude de parler en anglais aux gens. Certains voient ça comme de l’arrogance mais en fait je pense que d’arriver sur scène et de parler en anglais au public, ça participe à le faire rentrer dans un univers. A partir du moment où je monte sur scène, en tant que Kadebostan, Président de la République de la Kadebostany, qu’est-ce qui m’empêche de parler en anglais ? Si tu te dis ça, tu peux faire tout ce que tu veux. C’est une manière de pousser le truc à fond.

Pour finir, parce que je crois que tu as beaucoup de choses à faire…
Je crois que j’ai un concert…

Quel temps fait-il en Kadebostany actuellement ?
Il fait beau tout le temps, on a un micro climat.

T’as pas trop froid à Lyon ?
Non ça va. On est content d’être là !

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Merci beaucoup Monsieur le Président d’avoir accepté cette petite interview très peu de temps avant d’entrer sur scène. A bientôt en Kadebostany !