I’m Not There

Bob Dylan est une figure musicale américaine encore influente de nos jours. Même si depuis un petit moment, ce n’est plus vraiment ce que c’était. Mais qu’est-ce que Bob Dylan ? C’est tellement de chose que faire un biopic serait bien compliqué à aborder. C’est ce qu’à éviter de faire le réalisateur Todd Haynes, précisément.

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Todd Haynes n’est pas étranger aux biopics qui n’en sont pas. Velvet Goldmine, dont on a déjà parlé ici en était déjà un bel exemple. Dans I’m Not There, Haynes retrace la carrière de Dylan dans les grandes lignes mais surtout sous diverses facettes juxtaposées les unes après (entre) les autres, sous des effets esthétiques plutôt réussis. Et ce n’est pas un acteur mais bien 6 qui se chargent de représenter Dylan tout au long de sa carrière. Mais ce film est bien plus qu’un biopic.

Tout est dans le titre, en fait. I’m Not There est le titre parfait pour un tel film puisque jamais le nom de Bob Dylan n’est cité. On assiste à une évocation de son œuvre musicalement d’abord, puis visuellement, tout en s’attachant à des épisodes marquants de sa carrière. Ces différents périodes s’entremêlent sans jamais se rencontrer.

Le premier à entrer en scène et à intervenir tout au long du film, de manière totalement détachée, c’est d’abord Ben Whishaw. L’acteur anglais fait face à la caméra et intervient par touche avec des phrases fortes issues d’interviews données dans les années 60.

Puis on suit le jeune Woodie Guthrie (Marcus Carl Franklin), dans ses pérégrinations avec sa guitare – rappelant ainsi l’enfance inventée par Dylan. La seule chose qui semble le rattacher au reste du casting est les chansons qu’il entonne.

Puis c’est Christian Bale, courbé et discret qui se met en scène avec Julianne Moore, la Joan Baez du film. On retrouve donc les premières heures de gloires de Dylan sous le nom de Jack Rollins. Le tout, bien avant sa déchéance et sa rencontre avec Dieu en fin de film.

Heath Ledger quant à lui est un acteur interprétant le rôle de Jack Rollins (Christian Bale donc, tu suis !) qui rencontre et s’éprend d’une française, Charlotte Gainsbourg. Ce passage narre la relation que Dylan entretint avec Sara Dylan. L’idée de choisir le rôle d’un acteur est d’ailleurs plutôt intéresse. N’était-ce pas le rôle de sa vie ?

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Celle qui sort sûrement du lot dans ce film est sans conteste Cate Blanchett. Oui, une femme pour jouer une énième personnification de Dylan, il fallait oser, mais après tout, pourquoi pas. Surtout quand c’est aussi réussi. On se concentre cette fois-ci sur la période rock du chanteur et ses déboires avec ses fans. Dylan/Blanchett se cherche, se perd et est complétement défoncé.

On finit par découvrir Richard Gere un peu plus tard dans le cours du film et c’est sans doute ce rôle qu’on a eu le plus de mal à identifier dans I’m Not There. Gere personnifie Billy The Kid, un rôle tenu par Bob Dylan dans un film de 1973 apparemment.

Au final, on assiste à un espèce de film ovni, un brin déconnecté et perché, mais Haynes a sans doute cerné une partie de l’héritage de Dylan. Ce qui en ressort surtout, c’est l’idée que la liberté est la plus forte dans l’œuvre de Dylan, que ce soit dans le folk, le rock, la religion, la drogue ou le vagabondage.

Le mystère et la complexité de l’artiste restent entiers et plus opaques que jamais. On ne pouvait rêver mieux qu’un tel film pour saluer la versatilité et l’inconstance du monsieur, même si à certains moments on est un peu perdu. Les acteurs et l’esthétique tant musicale que visuelle font le film avec talent et c’est bien ce qui importe le plus !

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