Black Rebel Motorcycle Club – Live à Lyon

Une horde de blousons en cuir a peuplé le Radiant de Caluire (Lyon) en ce lundi 10 février. La raison ? La venue du trio Black Rebel Motorcycle Club en tournée en France en ce moment. Un an qu’on attendait le groupe dans nos contrées, donc forcément on ne s’est pas fait prier. Après notre première rencontre scénique aux Eurocks, on trépignait d’impatience de voir BRMC dans une petite salle. Et c’est aux Nuits de l’Alligator qu’on le doit.

Dead ComboLe festival a prévu pour l’occasion deux premières parties : Dead Combo et Kid Karate. Dead Combo sont deux sur scène (mais sans doute plus dans la tête du chanteur). Pour la petite histoire, le groupe avait une batteuse qui fut par la suite kidnappée par Black Rebel Motorcycle Club. Donc Dead Combo se retrouve avec un ordinateur pour faire le boulot de Leah. Mais la personnalité totalement unique du chanteur fait le show. Il manque de mettre le feu sur scène après avoir renversé sa bière sur une prise, et communique d’une manière totalement déjantée avec le public entre les morceaux. Musicalement, l’influence de BRMC est plutôt remarquable. Pas étonnant donc que Peter Hayes viennent s’incruster sur un ou deux morceaux lors du set de Dead Combo. On a même parfois l’impression qu’il est obligé d’improviser face au chanteur complétement dans son monde. Mais ça passe bien. Au bout d’une grosse demi-heure, Dead Combo est sommé de quitter la scène. On a pris du retard.

Très peu de temps après, Kid Karate, duo made in Ireland, prend la relève. Le chanteur guitariste semble évoluer sur des charbons ardents tant il sautille sur scène. Niveau musique, c’est plutôt sympathique, pas forcément inoubliable. Le son est décidément trop mauvais (on s’en rendra compte encore plus, plus tard) et la voix du chanteur n’est pas vraiment à notre goût. Et ce même s’il distribue des verres de Jameson au public.

BRMC LyonVers 21h30, c’est l’heure pour Black Rebel Motorcycle Club de faire son entrée en scène. Capuche vissée sur la tête de Robert Levon Been, blousons en cuir de rigueur et hop, on est parti pour un peu moins de 2h de concert. Et ça commence fort avec Hate the Taste. Le son bizarrement réglé noie les voix sous la basse de Been mais même avec ce son, BRMC arrive à nous emmener dans leur monde sans aucune difficulté. Surtout si la chanson suivante est Beat the Devil’s Tattoo. Le groupe envoie du lourd, se rapproche du bord de la scène à plusieurs reprises et accumule les postures rock n’roll : Been tient sa basse/guitare comme s’il s’agissait d’un fusil, tandis que Peter se cache derrière sa tignasse. Parfois on ne distinguera même que la fraise rougeoyante de sa cigarette. BRMC jouent avec les émotions et le set oscille entre grosses guitares (Rival, Berlin), morceaux plus bluesy (Ain’t no easy way) et ceux à tirer une larme (Lose Yourself – on remarquera même que Robert semble tout autant ému de chanter ce titre que nous de l’entendre). On s’échange les micros, ce qui nous permettra d’apprécier le jeu de guitare/basse de Hayes pendant quelques morceaux. Bref, ça va dans tous les sens. Et c’est bon !

Le public quant à lui, fait le reste du boulot. Ça secoue et ça chante les chansons. Certains montent même sur scène, profitant de l’absence de barrière. La sécurité paraît interdite de renvoyer les joyeux lurons et c’est le staff du groupe qui s’occupera de la tâche, de manière moins violente. Le groupe semble d’ailleurs ravi de l’accueil et communiquera un peu avec le public même si leur meilleure façon de le faire reste à travers leur musique. Et ils en font profiter tout le monde. Robert s’approchera même de notre côté et s’agenouillera histoire qu’on voit parfaitement le petit solo qu’il offre, à 10 cm de nous. Des moments comme ça, n’arrivent pas tous les jours.

BRMC Lyon

Le rappel s’opère avec deux morceaux en acoustique, Been et Hayes seuls au centre de la scène. Il leur reste le temps pour une dernière chanson et c’est Whatever Happened to My Rock n’Roll qui se charge de clore le concert, permettant ainsi à Robert de revenir faire un tour du côté du public.

Lyon a eu droit à un pur concert de rock, avec tension et émotion. Black Rebel Motorcycle Club sont venus partager leur musique sans prétention aucune et avec un malin plaisir à souffler le chaud et le froid pendant près de 2h. Un charisme magnétique voire hypnotisant et de la bonne musique live. Que demande le peuple ? Avec le dernier morceau, BRMC se demande où est passé le rock. Lundi soir, il était sur la colline de Caluire.

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Setlist
1. Hate the Taste
2. Beat The Devil’s Tattoo
3. Let the Day Begin
4. Rival
5. Ain’t No Easy Way
6. Berlin
7. Returning
8. River Styx
9. Some Kind of Ghost
10. Six Barrel Shotgun
11. White Palms
12. Lose Yourself
13. Evol
14. In Like the Rose
15. Conscience Killer
16. Spread Your Love

Rappel
17. Complicated Situation
18. Shuffle Your Feet
19. Whatever Happened to My Rock ‘n’ Roll (Punk Song)