Wild Beasts – Present Tense

Wild Beasts Present TenseAprès avoir passé 2 ans à tourner avec leur 3ème album, Smother, les Wild Beasts étaient au bord de la crise de nerfs et il leur fallait bien un an pour se remettre en selle, écrire, composer et enregistrer Present Tense. Ce long silence leur a été salutaire. On les retrouve en très grande forme avec un disque dense, poli par les co-producteurs, Alex ‘Lexxx’ Dromgoole (Björk) et Leo Abrahams (Brian Eno).

En toute logique, Wanderlust ouvre Present Tense, de manière léchée et synthétique. On en a déjà parlé mais replacé dans son contexte de l’album, Wanderlust est le morceau parfait pour se plonger dans l’écoute de Present Tense. La voix de Tom Fleming vient ensuite assombrir encore plus l’ambiance, avec Nature Boy. Arrive la très belle Mecca. On retrouve la voix de Hayden Thorpe, plus haut perchée sur un refrain entêtant et tourbillonnant. Les arrangements sont parfaits – chœurs, guitares discrètes et synthés. Bref, Mecca est sans doute notre préférée de l’album. Les guitares reprennent rapidement leur territoire sur Sweet Spot, même si elles restent bien vite sous-jacentes sous les chœurs, la batterie saccadée et le synthé.

Tom Flemming semble assigné aux chansons sombres et inquiétantes. Sa voix grave y est sans doute pour quelque chose. Après Nature Boy, Flemming vole la vedette à Hayden Thorpe, avec l’envoûtante et froide Daughters. Mais Thorpe n’a pas dit son dernier mot avec Pregnant Pause, un des morceaux les plus dépouillés de Present Tense (et ce n’est pas peu dire). La véritable force du morceau suivant, A Simple Beautiful Truth, réside principalement dans l’alliance de ces deux voix si complémentaires et si belles. Les arrangements un peu plus pop permettent de radoucir l’ambiance bien sombre jusqu’à maintenant. Mais voilà que A Dog’s Life vient tout réduire à néant avec ces guitares larmoyantes, ajoutant une couche à la batterie qui s’essouffle.

Wild_Beasts_2014

A ce stade de l’écoute de Present Tense, il ne reste plus que 3 chansons et 10 minutes. Past Perfect n’est pas un titre sur l’utilisation du temps en anglais mais plutôt un retour sur une histoire d’amour malheureuse, où le piano fait la grande part du titre. New Life quant à lui, possède quelque chose d’assez mystérieux jusque dans les arrangements. Enfin, Palace vient clore l’album de manière sophistiquée et plus « lumineuse » que tout ce qu’on a pu entendre jusqu’à présent.

Present Tense a tout d’un grand album. Chaque morceau possède une force sonore assez impressionnante et en même temps, aucun n’écrase l’autre. Ils sont tous de très bonne facture et tout s’enchaîne merveilleusement, comme si chaque morceau s’emboitait l’un à l’autre de manière totalement naturelle. De tous les albums sortis en 2014 pour le moment, on ne risque rien à dire que c’est sans doute le plus beau et le plus excitant qu’on ait pu entendre. Bon retour, Wild Beasts !

Ah et si tu veux savoir ce que Wild Beasts donne en live, le groupe sera brièvement en France en avril alors va vérifier les dates !