Lettre à Robert Smith

Très cher Robert Smith,

Puisque tu m’as fait l’honneur de m’écrire un jour une chanson (Letter to Elise), je t’envoie la pareille. C’est sans doute moins bien écrit. C’est en français, donc il y a peu de chance que ça te parle vraiment. Ça ne rime pas et ce n’est pas fait pour aller avec de la musique. Mais c’est sincère.

Robert Smith

Voilà très longtemps que j’ai envie de t’écrire une petite lettre mais je n’ai pas franchement pris le temps de le faire. Jusqu’à ce que j’eus vent de ta guéguerre avec une journaliste du Guardian ayant apprécié très moyennement ton concert au Teenage Cancer Trust, il y a peu. Et je voulais te dire que je te soutiens.

Pour être honnête, je ne comprends pas les gens qui se plaignent d’un concert qui dure 4h. Quand on vient voir un groupe comme le tien, qui totalise presque 35 ans de carrière, des centaines de chansons dont certaines très très longues, on espère qu’on va en avoir plus que 2h de concert. Résumer tout ça en 4h, c’est déjà le minimum syndical. Moi, si j’avais l’occasion de te revoir en concert, je t’écouterais toute la nuit. Boulot le lendemain, ou pas. Après tout, chacun est libre de quitter la salle avant la fin. Tu m’avais fait le coup au Leeds Festival, en 2012, avec 3h30 de concert. J’avais mal au dos au bout d’un moment mais c’était tellement bon de t’entendre chanter que je n’aurais quitté Bramham Park pour rien au monde. Alors continue à faire des longs concerts. La sélection naturelle fera le reste et si les journalistes musicaux ne sont pas contents, peu importe. La prochaine fois, donne-moi une accréditation et tu verras ce que je dirais de ton concert de 4h !

Du plus loin que je remonte, je crois que j’ai toujours entendu du Cure sortir de la chambre de ma grande sœur, ou dans la voiture de mes parents (bah, oui la même sœur avait la suprématie du poste k7 – heureusement pour nous). Je crois que dans la première mix tape que j’ai faite, il y avait du Cure, du Radiohead aussi, tiens. Encore des albums de ma sœur. (Je crois que j’ai eu de la chance là-dessus. J’aurais pu tomber sur une fan de techno). Par la suite, j’ai fini par récupérer le t-shirt de la tournée Wild Mood Swings, mon album préféré, que ma sœur avait pu voir en live. J’ai longtemps eu droit à des « Moi j’ai eu Want en concert, blabla ». Je pensais ne jamais pouvoir rétorquer « Moi aussi, na », avant de te revoir sur scène en 2012 au Leeds Festival où tu m’as fait l’immense plaisir de la jouer. Maintenant, moi je peux même dire : « Moi j’ai 32 chansons » !

Alors fais-toi plaisir et à nous en même temps. Continue de tourner. Fais des concerts de 4h, 5h ou même 8h si tu l’oses. Moi j’y serais, avec grand plaisir.

Bonne route, Robert. Et n’oublie pas, I will always love you !

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