Conor Oberst – Upside Down Mountain

conoroberst_coverConor Oberst suit son petit bonhomme de chemin entre 36 différents projets (pas si différents quand on les écoute bien). Cette fois-ci, le phénomène folk livre un album solo, Upside Down Mountain. Enfin, pas si solo que ça puisqu’il s’est entouré de Jonathan Wilson pour la réalisation et du duo suédois First Aid Kit pour les chœurs, sans compter les musiciens l’accompagnant parfois.

Conor Oberst est considéré comme un prodige. Il faut bien dire que musicalement, ce n’est pas ce qui frappe Upside Down Mountain. De prime abord, l’album semble plein de simplicité : guitare acoustique, petite touche country par moment et accords parfois similaires à d’autres de ses anciennes chansons. Ce n’est pas désagréable, loin de là. Mais ce qui touche toujours avec cet artiste, ce sont ses textes. On trouve des perles de poésies, disséminé au fil des morceaux de l’album. Oberst est un conteur d’histoire formidable si tant est qu’on comprenne l’anglais évidemment. La preuve la plus marquante est sans doute You are Your Mother’s Child, d’une douce amertume sur le fait de devenir père et le cours de la vie, ou encore Common Knowledge, tandis que Night at Lake Unknown nous sert une de ces phrases dont seul Oberst a le secret : « When I lost myself, I lost you by extension ». La voix fragile de Conor et les chœurs de First Aid Kit font le reste.

Upside Down Mountain n’est pas qu’un album acoustique. On y trouve des titres entraînants. Hundreds of Ways est sans doute un des meilleurs morceaux de l’album. Les cuivres qui l’accompagnent viennent épicer le tout. Zigzagging Towards the Light, Governor’s Ball, Kick (parlant de l’assassinat de JFK) ou encore Desert Island Questionnaire relèvent aussi un peu l’ambiance calme et douce, même si niveau paroles, ce n’est pas franchement la joie. Comme d’habitude.

En un tout petit peu moins d’une heure, Conor Oberst souffle le chaud et le froid alors qu’il revient avec un album simple et joliment écrit comme lui seul est capable de le faire. Son talent d’auteur est intact et ses nouvelles chansons à la qualité narrative indéniable sont une bouffée d’oxygène. Percutant, touchant, maladroit,  et fragile. Voilà ce qui nous vient à l’esprit après plusieurs écoutes. En fait, c’est du Conor Oberst, ni plus ni moins, donc on aime.

L’album sort le 20 mai prochain mais tu peux l’écouter depuis le 11 mai sur le site de NPR.

Conor Oberst sera de passage éclair en France, au Festival Musilac le 12 juillet prochain.

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