Tom McRae and the Standing Band – Did I Sleep and Miss the Border?

did i sleep and miss the border tom mcraeIl s’est passé des semaines depuis la sortie du dernier Tom McRae et on ne l’avait toujours pas écouté. Tout se perd ! Enfin, c’était pas vraiment notre faute si tout était en rupture de stock avant même qu’on pense à dégainer la carte bleue et que de toute façon, la livraison n’incluait pas la France. Introuvable donc, jusqu’à ce qu’il rejoigne enfin les réseaux de distribution classiques. God bless ! Après donc presque 2 mois de retard, on a jeté une oreille, et même deux (on est des dingues sur Toute Ouïe) à ce nouveau disque du trop discret Tom McRae.

En 15 ans de carrière, Tom McRae n’a eu de cesse de repousser ces limites, de s’écarter de la noirceur instrumentale de son premier album (chef d’œuvre) et d’expérimenter sur une folk évoluant au fil des albums. Did I Sleep and Miss the Border? ne fait pas exception en la matière. Cette fois-ci, Tom McRae s’est entouré du Standing Band, espèce de groupe/bande de potes. La troupe s’est enfermée dans une vieille ferme du Pays de Galles pendant des jours pour pondre ce qu’on peut écouter aujourd’hui.

Evidemment, si tu cherches des morceaux à la Boy with the Bubblegun, tu n’en trouveras pas ici. Ça fait un moment qu’il ne fait plus ça d’ailleurs. En échange, tu as une ribambelle de morceaux très travaillés, assez grandiloquents par moment ou inquiétants à d’autres – The High Life ouvrant l’album offre un Tom McRae a la limite du chuchotement. Puis sur Dogs Never Sleep, le chanteur n’épargne pas sa voix. On ne l’a même jamais entendu comme ça… On a par ailleurs l’impression que sur le final du morceau, McRae essaie de se convaincre lui-même : « Don’t give up, don’t give in ! ».

Christmas Eve, 1943 est la petite balade qu’on entendrait bien dans un cabaret. L’accordéon aide forcément à imaginer la scène, tandis que Expecting the Rain nous rappelle Won’t Lie issue de The Alphabet of Hurricanes. C’est un peu notre préférée d’ailleurs. Let me grow old with you s’ensuit et comme son titre l’indique, c’est une jolie petite chanson d’amour comme on en a eu peu dans la discographie de McRae (on en a même jamais eu en fait…). Elle est mignonne, mais on l’oublie vite lorsque We are the Mark commence. Les cordes nous entourent de leurs tourbillons et on se laisse facilement emporter. My Desert Bride nous emmène en plein far west (en même temps, les températures actuelles nous aident à nous plonger dans l’ambiance).

On oublie vite Hoping against Hope, alors que la fin de l’album s’amorce doucement. L’édition française de Did I Sleep etc. a droit à quelques morceaux supplémentaires, comme Out of a Clear Blue Sky (passant un peu mieux que la précédente bien qu’un peu longue) et What a way to win the war dont on a parlé déjà ici. On termine le voyage avec Hey Tim, Hey Arnie. C’est un bon générique de fin pour un voyage dans le son pour une fois chaleureux de Tom McRae.

Depuis presque 15 ans, Tom McRae est un peu notre compagnon de route. Il y a eu quelques déconvenues, des albums qu’on aura moins écouté que d’autres, mais on lui a toujours gardé une place de choix dans notre petit cœur et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’avec Did I Sleep and Miss the Border?, on retrouve un certain regain d’admiration pour le bonhomme. Une orchestration aux petits oignons mettant en valeur comme il se doit l’écriture fine de McRae. On ne va pas se plaindre.

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