Minor Victories – Minor Victories

Minor_Victories_-_Minor_VictoriesUn super groupe, c’est un peu comme des super héros qui s’allient pour repousser le vilain méchant. C’est plein de pouvoirs musicaux différents, de pièces rapportées d’autres groupes qui montent un autre projet musical. En général, on attend toujours plus d’un tel groupe puisque avec les talents indéniables de chacun, la mayonnaise devrait monter. Ce n’est pas toujours le cas malheureusement.

Aujourd’hui, on va parler de Minor Victories, le super groupe composé de Rachel Goswell (voix de Slowdive), de Justin Lockey (guitariste d’Editors), son frère James Lockey et Stuart Braithwaite (chanteur/ guitariste de Mogwai). Sur le papier, on a tous les ingrédients pour qu’on accroche à leur son mais qu’en est-il réellement ?

Dès les trois premières minutes d’écoute, on est pris dans un tourbillon sombre et inquiétant. La beauté limite gothique de Give Up The Ghost déroule un son imposant, nous happant par la même occasion. Et ce n’est pas l’excellente A Hundred Ropes qu’on a déjà chroniqué il y a quelques mois qui va changer ça. On a beau l’avoir écoutée en boucle depuis, on ne s’en lasse pas.

Notre envol musical continue avec brio sur la piste 3. Breaking My Light éclipse tous les autres morceaux avec sa belle mélodie au piano, les arrangements tristes sur fond de violon et bien sûr la douce voix de Goswell. On en a des frissons et on bloque à chaque écoute supplémentaire. Sans aucun doute, notre morceau préféré de tout l’album, et il en reste pourtant quelques uns plutôt sympathiques.

James Graham, chanteur de The Twilight Sad, qu’on affectionne particulièrement, vient s’incruster au projet sur Scattered Ashes (Song For Richard). Sa voix se mêle à celle de Goswell sur un titre qui change de cap. C’est musicalement plus léger même si les guitares saturées et la rythme bien appuyé offrent de la profondeur au tout. Ça nous rappelle un peu les Raveonettes qu’on aime aussi donc, on n’a pas à se plaindre.

Folk Arp vient calmer les choses (ou presque). On se laisse porter par la voix aérienne de Goswell, tout simplement parfaite sur le début du titre, calme et doux, avant une envolée musicale finale de plus de 3 minutes. Le paradis en somme. Cogs s’enchaine naturellement et repart en rythme. Mais comment fait-elle pour atteindre des notes aussi élevées ?

For You Always annonce une nouvelle collaboration, celle de Mark Kozelek. Sa voix nous fait penser à celle Matt Berninger – voix désabusée de The National. Le titre semble un peu à part des autres. Ça n’a presque rien à voir avec ce qu’on a entendu jusque là. Déroutant mais pas inintéressant.

La fin s’amorce en 17 minutes et 3 morceaux. Out to Sea nous offre une Rachel Goswell lointaine, comme si elle chantait sous l’eau. Peut-être est-elle une sirène nous attirant une nouvelle fois dans l’univers de Minor Victories ? Il nous en faut peu c’est vrai. The Thief ne fait pas exception et ses violons du début se font éclater gentiment pendant deux bonnes minutes lorsque la batterie reprend les rennes et la guitare crie dans les aigus. Higher Hopes est à sa place en fin d’album. Il y a quelque chose de très cinématographique dans la musique de Minor Victories. On part facilement imaginer le décor de chaque morceau. C’est le cas ici. Ce générique de fin, sombre au possible, vient clore le chapitre palpitant de Minor Victories avec panache.

Parce que oui, c’est un super groupe mais au sens propre du terme. On a oublié qui était aux manettes dès les premières minutes et si, on reconnait quelques influences (la fin d’Higher Hopes fait d’ailleurs un peu penser à Mogwai), le groupe fonctionne parfaitement dans son ensemble. On est même encore sous le choc tellement on n’en espérait pas tant. Minor Victories livre un très chouette album qu’on n’a pas fini d’écouter et qu’on te conseille vivement.