Suuns – Live à Lyon

Notre dernier « rencard » avec Suuns remontait déjà à 3 ans… Trois longues années sans notre shoot live de ces canadiens complètement géniaux, dans le sens propre du terme. Heureusement, on a pu se refaire un fix dimanche soir au Marché Gare pour l’ouverture du Festival Riddim Collision. Mais pour atteindre le paradis musical de Suuns, il faut passer par des épreuves auditives diaboliques. Bah, oui, Suuns en live ça se mérite !

Suuns live à Lyon 2016 par Marion Bornaz

La première partie est assurée par Balladur, duo de Villeurbanne. On a écouté vite fait avant de venir et on appréhendait quelque peu cette première rencontre. Finalement, à l’écoute des deux morceaux d’ouverture, on se dit qu’on a été bien rapide à juger. Sauf que… le son ultra fort et les bruitages un peu trop présents sur la suite du set auront vite fatigué nos tympans. Le chanteur qui siffle dans son micro aura eu raison de nous sur le 4ème titre. On quitte la salle pour s’installer dans le couloir. C’est déjà plus audible, d’autant qu’on voudrait garder un minimum d’audition pour Suuns, quand même.

Suuns, d’ailleurs. Suuns qui une fois Balladur hors de scène, viennent installer leur matos tranquillement. Notre excitation est à son paroxysme lorsque la lumière s’éteint enfin. Le son arabisant d’intro nous glisse dans l’ambiance, tandis que les lettres SUUNS se gonflent au derrière de la scène. Enfin le groupe entre en scène et nous chope directement dans leurs filets musicaux.

Encore une fois, on ne pourra pas faire de listing des titres qui sont passés. Il aurait fallu se déconnecter du show et on ne peut clairement pas faire une chose pareille. C’est même physiquement impossible, en fait. Les canadiens nous envoient du lourd, enchaînent les morceaux avec nervosité. La batterie transperce notre corps dès les premières notes – d’ailleurs, mention spéciale de Liam O’Neill à la baguette aussi précise qu’un métronome. La guitare lacère nos tympans tandis que Ben Shemi interprète les chansons comme possédé par la musique, par moment. Il lance des regards noirs, grimace… Bref, on est plongé dans notre bulle de Suuns et rien ne pourra nous en faire sortir.

Les nouveaux morceaux côtoient naturellement les plus anciens sans transition aucune. Dans notre souvenir, Hold/Still est d’ailleurs très représenté ce soir. On remarque notamment l’absence de certains morceaux cependant. Ou alors, les ont-ils joué ? On ne sait plus vraiment tellement on reste perché dans le monde sombre et suffoquant des canadiens. Mais pas le temps de respirer, c’est déjà le rappel.

Le temps passe décidément trop vite quand c’est bon ! Quand le groupe quitte la scène définitivement, on reste encore embrumé et abasourdi par la prestation énervée et puissante qu’ils ont donné en un peu plus d’1h. On a l’impression d’avoir été totalement maltraité et en même temps, on se dit qu’on en reprendrait bien encore un peu. Serions-nous maso ? Avec Suuns, oui. Ils auraient pu jouer l’intégralité de leur discographie et ajouter leur projet Suuns and Jerusalem in my Heart, on ne leur aurait pas tenu rigueur, d’ailleurs !

Encore une fois : bravo !

Crédit de cette magnifique photo: Marion Bornaz (tu peux aussi suivre son blog de musique ici)