Conor Oberst – Ruminations

2016conoroberstruminationsalbum-1La dépression peut avoir du bon parfois. En tout cas, pour notre cher Conor Oberst, voix de Bright Eyes entre autres projets, ça marche plutôt bien puisque ça lui a servi d’inspiration pour un nouvel album solo, Ruminations.

Reclus sur lui-même en plein hiver à Omaha, Oberst est épuisé et mentalement au bout du rouleau. C’est tout ce dont il a besoin pour se plonger dans l’écriture et l’enregistrement de cet album.

Ruminations, c’est 10 titres exécutés en moins de 40 minutes qu’Oberst aura enregistré en 48h seulement. Il ne les aura pas retouchés pendant presque toute l’année avant de les sortir mi-octobre dernier.

Et ce qui en ressort, c’est cette simplicité, cette « nudité » musicale. Il est seul et ça s’entend. L’orchestration est épurée : piano-guitare sèche-harmonica. Et cette voix fragile si bien mise en avant du coup, ne fait que mettre le projecteur sur les paroles sombres de notre poète actuel préféré. Au programme : regrets, suicide, maladie, solitude… Bref, grosse ambiance.

Il faut l’avouer, on n’avait pas autant accroché à un album de Conor Oberst (peu importe le projet) depuis peut-être I’m Wide Awake It’s Morning. Il y avait toujours quelque chose qui ne nous plaisait pas totalement. Trop d’effort, trop de fioriture. Dans Ruminations, tout est là. Pas besoin d’en faire des tonnes, ça sonne juste comme on aime. L’impression d’être dans la même pièce qu’Oberst pendant qu’il enregistre. Il pourrait aussi bien être dans notre salon. Quoiqu’il en soit, on a juste envie de se glisser sous la couette et écouter ça toute la nuit.

Ruminations n’est peut-être pas révolutionnaire. Il n’invente rien de nouveau dans le monde folk mais Conor Oberst signe là, un de ces meilleurs albums. Dommage qu’il ait dû souffrir pour que ça sorte, mais ça en valait la peine.

Si tu veux profiter d’un concert intimiste, sache que Conor Oberst donnera un concert à Paris, à La Maroquinerie le 28 janvier prochain.