Depeche Mode – Spirit

spirit_depeche_modeJe dois de me repentir. Oh oui, Saint Dave, Saint Martin, pardonnez-moi d’avoir douté. Pardonnez-moi d’avoir laissé la déception m’emporter, après la découverte du premier extrait de votre 14ème tablette. Non, je ne vous laisserai plus tomber.

Car oui, soul brothers, soul sisters, Depeche Mode revient à nouveau tout de noir vêtu. Et comme le chante Gore dans Fail l’ultime morceau de ce nouvel LP, « We’re Fucked ».

Puissant, lourd, agressif, revendicateur… Adieu le paradis, non la paix ne viendra pas. Fini de se prendre pour des anges, de se la jouer précieuse, le temps du sermon est arrivé. Adieu également l’électronique froid et ses sons de l’univers, on s’enfonce encore plus dans le Bayou corrompu du sud de la Louisiane, et dans ce blues qui plaît tant aux anglais depuis Personal Jesus.

Where’s the Revolution ? martelait le premier single. On avait alors répondu un peu taquin qu’elle n’était pas dans cet extrait. FAUX, FAUX et FAUX !

Car oui, c’est le paysage qui tout entier change, évolue. Musicalement donc, grâce à la venue de James Ford. Pas Sawyer, dans Lost (bien que pour le rapprochement avec le Mississipi ça aurait été cadeau) mais un jeune producteur anglais, ayant déjà fait ses preuves chez Foals ou Florence + The Machine. Les plus hargneux diront toujours qu’il ne vaut pas Alan Wilder, mais reconnaissons la qualité de son travail. Clap clap.

Nouvel esprit également pour les paroles et textes : l’amour, la rédemption, le pardon et ces douleurs auxquelles nous étions habitués… On laisse tout cela en silence désormais. Aujourd’hui Martin L Gore est exaspéré par ces concitoyens, par leurs comportements, par la société etc… Ce thème est le fondement de 6 des 12 nouvelles chansons. Un changement d’envergure, puisque la dernière chanson politique du groupe (People Are People, 1984) était presque reniée par son compositeur, qui la trouvait trop niaise. Alors crise de la cinquantaine ? Ou Brexit ?

Les drapeaux, et la couleur rouge, composent majoritairement l’artwork (toujours concocté par Corbijn). « Alors où suis-je, à Lyon ? Et Maintenant à Paris ! Ainsi qu’en page 5 du livret du dernier album de Depeche Mode, où je fais un chat-bite à Dave Gahan » nous avait pourtant averti Jean-Luc Melenchon le mois dernier. Ne lui disons surtout pas que ces nouveaux amis passent chez son ennemi Yann Barthès, le 21 mars. Ca risquerait de les brouiller.

Bref. Après presque 20 ans de bons et loyaux services, Peter Gordeno et Christian Eigner (respectivement le pianiste et le batteur sur les dernières tournées) participent à l’écriture de Cover Me et Poison Heart. Leur contribution musicale à l’édifice Depeche Mode est plus importante désormais que celle d’Andrew Fletcher (0 morceau), membre original et dont le rôle reste toujours un mystère. Deux bonnes compositions, et en particulier la première, qui est un des sommets de Spirit.

Les premiers échos annonçaient un album aussi réussi que Violator ou Songs of Faith and Devotion. Bien qu’ils s’agissaient de rumeurs blasphématoires, Spirit est fort convaincant et réjouissant, mais avouons-le, présente quelques coups de mou (en particulier vers la fin de l’album). Plus vif et plus mouvementé que ces deux prédécesseurs, il manque également un tube incontestable, qui puisse l’aider à le rendre éternel. Car oui, seul le temps nous dira si finalement, l’album n’était pas plutôt useless, mais aujourd’hui nous pensons que Spirit pourrait bien décrocher quelques bonnes récompenses.

(Si toi aussi tu es fan de Depeche Mode, amuse toi à retrouver toutes les références à leur discographie dans ce texte. Tu verras, c’est amusant. Allez, see you !)

Publicités