Fellag & Cheikh Sidi Bemol – Chants des Marins Kabyles aux Nuits de Fourvière 2017

On t’avait présenté le talent de Fellag en te disant qu’on en reparlerait. Et bien, c’est le moment de revenir sur le spectacle de Fellag et de Cheikh Sidi Bemol, Chants des Marins Kabyles. Le tout premier spectacle qui ouvre nos Nuits de Fourvière 2017.

Alors certes, le temps n’était pas au beau fixe – c’est même le moins qu’on puisse dire. Mais, on avait décidé de braver le destin. Toute Ouïe ne rate jamais un spectacle.

Le vent soufflait fort sur la colline de Fourvière quand on est arrivé, un peu après 21h. Le ciel se faisait menaçant et on commençait à regretter d’être venu en petit débardeur. A trop provoquer Zeus, ce dernier décida de se venger un peu plus tard. Après les brèves météorologiques du grand manitou des Nuits, le public alla s’approvisionner en poncho en plastique. Mais pas nous, non ! La pluie ne nous fait pas peur !

Le vent était tombé lorsque Cheikh Sidi Bemol et son groupe entrèrent en scène. Et quelle scène d’ailleurs. Un bateau, des voiles, des marins et de la musique. Ah oui, et du whisky.

Sans préambule, on embarque directement sur le navire et notre petit coeur chavire dès les premières notes de ces chants marins bien singuliers, tantôt illustrés de dessins animés tantôt supportés par des sous-titres.

Ce fut lorsque Fellag vint présenter le spectacle que la pluie se mit à tomber. Ni une ni une, les badots enfilèrent leurs sacs poubelles – leurs poncho en plastique comme un seul homme. En irréductible moussaillon, Toute Ouïe continuait de camper sur ses positions. La pluie ne tombera pas ! Mais n’est pas Météo France qui veut.

Fellag finit son introduction et partit se reposer sur une banquette devant la scène. Alors que le groupe de Cheikh Sidi Bemol faisait un très chouette concert de reprises, la pluie s’intensifia soudainement. On se retrouva alors sous cette tempête qu’on essayait d’oublier pour profiter du spectacle. Il était trop tard pour aller enfiler ces ponchos de toute façon. Les moins endurants commencèrent à quitter le navire comme des rats. On tint bon. On était déjà trempé donc après tout, autant écouter le concert. Les lumières se rallumèrent pour guider le public humide vers la sortie, tel un phare.

Fellag se releva de la banquette où il faisait semblant de dormir et commença à narrer le premier conte. Il évita les gouttes du mieux qu’il put, en disant qu’il continuerait son histoire jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne dans l’audience, mais le verdict semblait évident : on prenait l’eau de toute part. Les femmes et les enfants d’abord ! Les rescapés du naufrage applaudirent l’orchestre qui aura joué jusqu’à la fin, mais là, le capitaine de Fourvière l’avait décidé, c’était fini. On allait couler. On donna une dernière ovation vers cet orchestre de marins et son conteur, et on embarqua dans le premier canot de sauvetage disponible.

Première fois donc qu’on part avant la fin d’un spectacle des Nuits. Et c’est fort dommage car, c’était vraiment un très beau voyage. Merci Fellag. Merci Cheikh Sidi Bemol et comparses. On reviendra quand il fera plus sec.

 

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