Flobots – Noenemies

On parle rarement de rap sur le blog. Il faut avouer que notre expertise en la matière est assez limitée. Cependant, Flobots a sorti un nouvel album le 5 mai dernier, Noenemies, et on est obligé d’en parler, parce que Flobots est un groupe extrêmement intéressant. Compositions musicales très variées, textes engagés mais sans démagogie, voilà la recette de ce collectif américain.

Flobots s’est fait connaître avec le morceau Handlebars en 2008, issu de Fight With Tools, album qu’on aime tout particulièrement pour les messages de tolérance qu’il véhicule. Pendant très longtemps, on n’a écouté que cet album. Deux autres albums ont suivi : Survival Story et The Circle in the Square. On les connait moins mais avec Noenemies fraîchement sorti, on va certainement corriger le tir.

Et d’ailleurs Noenemies, ça donne quoi ?

Difficile de parler de Flobots sans parler de leurs textes et de leur engagement. Noenemies ne fait pas exception. Flobots a toujours des choses à dire sur ce monde qui nous entoure et Noenemies en est la preuve. Dépression, suicide, intolérance, division, peur… bref, le constat semble bien sombre. Même Carousel, le single qui paraît pourtant si léger musicalement, revient sur le monde digitalisé dans lequel on vit et qui nous empêche de penser par nous-mêmes.

Il est fort probable que l’élection américaine ait influé sur leur humeur, étant donné que Trump est sans aucun doute aux antipodes des valeurs distillées par Flobots. Le fait que Pray soit sorti le jour de l’investiture de Trump à la Maison Blanche n’est pas un hasard surtout lorsqu’on comprend les paroles : « any dream can become a nightmare, if we never wake from it ».

Niveau musique, comme souvent avec Flobots, les styles changent selon les morceaux – voire même dans la structure interne des titres : hip-hop, rock, blues, jazz et même chorale. Il y a de tout pour toutes les oreilles. Failure Games, Blood in the River et Quarantine sont d’une puissance et d’une noirceur instrumentale assez incroyables. Quarantine finit d’ailleurs en tourbillon de violon sous la lourdeur des guitares qui écrase le tout. Pray avec son intro qui aurait pu figurer sur une BO de Game of Thrones, jusqu’à l’arrivée impériale des voix du refrain. Puis le titre part vers tout autre chose pour le couplet. On pourrait croire que c’est le bordel, mais au contraire, ça rend le tout surprenant. Bref, on pourrait reprendre chaque titre un à un mais cette review serait illisible. Le mieux est de te plonger dans Noenemies par toi-même.

En moins d’une heure, Flobots signe un album très puissant tant sur le fond que sur la forme. Espérons qu’un jour, le groupe traversera l’Atlantique pour quelques concerts… A bon entendeur !

 

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