Editors – Violence

Des corps nus qui s’entrelacent et qui s’écharpent, c’est la pochette de ce nouvel opus d’Editors, Violence, sorti le 9 mars dernier. Dire qu’on attendait cet album avec impatience est un euphémisme, d’autant qu’on avait adoré In Dream, leur 5ème album sorti en 2015 et que leur 1er single, Magazine, nous avait bien mis l’eau à la bouche.

Violence… Un bon titre pour un album qui aura violenté nos sentiments envers le groupe. La première écoute nous a totalement désarçonnés, et on a passé de longues minutes à grimacer. N’était-ce pas ce qu’on espérait entendre ? Probablement. On a laissé reposer nos oreilles pour ne pas s’arrêter à cette première impression plus que mitigée. A la 2ème écoute, ça passait déjà un peu mieux. Surtout les premiers morceaux, notamment Hallelujah (so low) qu’on avait moyennement aimé. C’est désormais une de nos préférées… Va comprendre ! En réalité, Violence demande des efforts, surtout pour les amateurs du son sombre et froid d’Editors qui est très présent dans In this light and on this evening ou In Dream par exemple. Violence est musicalement plus lumineux, plus fort. Les anglais foncent dans le tas avec des titres à la basse ultra lourde et des chœurs très imposants.

A regarder la discographie d’Editors, il est difficile de prévoir ce qu’ils vont essayer ou vers quoi leur son va évoluer. Avec Violence, le groupe se lance dans la new wave à la Depeche Mode. Il touche un peu à l’électro pure, notamment sur le titre Violence, avec un trip rave qui clôt le morceau avec réussite. Il y a aussi quelques morceaux plus pop comme Darkness at the Door qu’on rapprocherait de groupes comme Chvrches ou The Naked and Famous. Ils auraient peut-être pu s’abstenir à ce niveau-là d’ailleurs. On retrouve aussi sur cet album No Sound but the Wind, morceau bien connu des aficionados d’Editors et de Twilight, que le groupe a revisité bien joliment en grande partie – la fin étant un peu trop kitchoune mais ce n’est pas bien grave, puisque Tom Smith la chante avec une sobriété à faire hérisser les poils.

L’autre point frappant avec Violence, c’est qu’il semble taillé pour les concerts – dans les grands espaces, si possible. Les refrains sont efficaces et faits pour secouer les foules pleines de sueur. On ne va pas tarder à vérifier ça…

Donc, si on résume, sur les 9 morceaux que contient l’album, on aime plus qu’on déteste. Ce n’est peut-être pas le même coup de cœur que In Dream mais finalement, ce n’est pas non plus le raté The Weight of your Love, donc, on a eu plus de peur que de mal.