Kimberose – Live à Lyon

Jeune groupe français de soul/jazz, le groupe Kimberose jouit depuis 6 mois d’une ascension fulgurante. Propulsé par moult lives réussis sur plusieurs plateaux télés (CàVous, Taratata) et des critiques dithyrambiques dans plusieurs magazines musicaux (Les Inrockuptibles par exemple), Kimberose traverse la France depuis le printemps 2018, s’offrant le luxe, le temps d’une première partie, de fouler la scène de l’Olympia.

Mais avouons-le, avant que le délectable bar lyonnais Le Coup de Folie ne propose deux places à gagner lors de l’hebdomadaire blindtest du jeudi, nous n’avions jamais entendu parler du groupe.

Mais qui est Kimberose ?

De rapides recherches sur Google tendent à montrer que la parcours de la jeune Kimberly Mills, principal élément du groupe, fut chaotique. D’origine anglo-ghanéenne, Kimberly erra d’abord entre plusieurs eaux musicales, se chercha, et participa même (se fourvoya diront certains) en 2014 dans la Nouvelle Star (brièvement cela dit, le public « ayant de la merde dans les oreilles » l’éliminant dès le deuxième prime). Suite à cet échec, doutant d’elle-même, elle abandonna la musique pour débuter des études médicales.

C’est sur les bancs de la fac qu’ironiquement qu’elle réussira à guérir de cette blessure. Elle y rencontre en effet le guitariste Anthony Hadjadj, qui lui fait reprendre confiance en elle, et ensemble, ils forment le groupe Kimberose (pour les amateurs de Gala et Voici, ils deviennent également mari et femme).

Et en live, Kimberose, ça donne quoi ?

C’est ainsi qu’intrigué, nous nous rendîmes le vendredi 25 mai 2018, au Transbordeur. Et nous pûmes nous rendre compte durant les 90 minutes que dura le concert, qu’indéniablement, Kimberly Mills avait gagné en maturité. La jeune frêle brebis de 2014 s’est métamorphosée en une lionne féroce, bourrée de charisme (et pas seulement bourrée comme pouvait l’être Amy Winehouse). Les spécialistes n’hésitent pas, et cela sans blasphèmes, à comparer sa voix à celle d’anciens monstres sacrés, tels que Janis Joplin ou Billie Holliday.

Sûre d’elle sur scène, Kimberly Mills communique avec son public, et lui transfère son énergie particulière. Nous restons estomaqués par la jeune chanteuse, sa prouesse vocale, et sa capacité à s’approprier les quelques chansons reprises par Kimberose durant la soirée.

Bien que la félinité de Kimberly Mills centralise l’attention du public sur elle, cette dernière n’oublie pas qu’elle est avant tout un groupe. Formé de 4 musiciens, reproduisant la formule classique du jazz-band (guitare, contrebasse, batterie et piano), ces derniers assurent également le show. S’ils ne sont pas des maestros dans leur catégorie, leur musique suffit amplement à ce que la puissance de la soul frétille dans l’air. Le public, projeté 40 ans en arrière, savoure.

Mais se trouve ici le principal reproche que nous pourrions faire à Kimberose. Comme d’autres jeunes groupes, dont les inspirations transcendent les compositions (et nous pensons ici tout particulièrement au groupe Greta Van Fleet), il manque le grain d’originalité, la patte perso, le coup de folie vital qui permettrait à Kimberose de prendre définitivement son envol. Compliment à double tranchant, la comparaison permanente avec les divas de la soul ne peut être que défavorable au jeune groupe français.

Espérons que dans un futur proche, Kimberly Mills et ses hommes sauront puiser dans leur origine personnelle pour proposer une vraie révolution.

Encore un grand merci au Coup de Folie de nous avoir fait gagner ces places, même si nous devons notre victoire avant tout à notre talent et à notre culture musicale.

Mots de Roublard

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