Hellfest 2018 – Jour 3

Après deux jours survoltés au Hellfest, on repart sur la route de l’enfer pour ce dernier jour tout aussi épique que les deux premiers…

On entame la journée  avec les lituaniens d’Au-Dessus au Temple. On a affaire à un blackmetal assez moderne, noisy et bien fait. Ces têtes capuchées sont une bonne surprise, on attend la suite avec impatience. The Lords of Altamont sont à la Warzone avec leur rock façon easy rider de motard hyper référencé. Le frontman est très charismatique, il  joue de l’orgue électrique et bien ! Il le malmène sur scène, une chose est sûre, ils savent faire le show.

A la Mainstage 1, le metalcore d’In This Moment commence. Maria Brink nous joue les blondes sulfureuses, rampant comme une panthère, changeant de nombreuses fois de costumes tout au long de la prestation. Il y a un côté très théâtrale, tout est mis en scène. Chorégraphies, animation d’un double de la chanteuse, lâché de ballons blanc, on assiste à un spectacle travaillé. La blonde survoltée et joueuse assure le show d’une voix puissante et tenue.  Joli coffre ! Tout est axé sur elle, on en oublierait presque les musiciens. Elle ne fait cependant pas l’unanimité car ce n’est pas de la grande musique en terme de composition, et certaines scènes sont assez réductrices. Cela étant ça a le mérite d’exister et de diversifier le festival pour certains, quand d’autres cherchent encore l’intérêt d’e regarder le show d’une Lady Gaga qui aurait bouffé Lordi ! On a aimé la voix et l’investissement, mais sans nous faire décoller du sol.

BIM ! THE BRONX nous envoient du punk hardcore, skate culture, et bonne humeur. Ils ouvrent sur un sample de mariachi et continuent avec des tubes qui font plaisir au public bien réveillé! Si la Warzone avait encore sa terre /herbe à la place des dalles en bétons de cette année, ça aurait pas mal volé sur ce set! Une belle surprise et un très bon moment. On s’installe ensuite devant la Valley pour Nebula, un stoner de papa surfeur épuré et bien fait. Plutôt sympa !

Il y a un public pour chaque groupe, mais on ne fait définitivement pas parti de celui de Killswitch Engage, on ne veut pas faire de peine à ces gens nombreux devant leur presta, alors on préfère ne rien dire… On peut parler des problèmes capillaires évidents déjà, non ?

(Vous aimez quoi exactement ?!)

On se laisse séduire par Accept et son Heavy Metal. Groupe à l’ancienne qui sait faire plaisir à son public, on retrouve encore une fois dans cette génération de musiciens, pas des monstres puants du hard rock, mais des papis rigolards. Ultra souriants et énergiques, ils sont à la maison et on est content d’y être avec eux.

Attention, vous n’êtes pas prêt pour BATUSHKA.

Ambiance lourde, on sait dès la première note qu’on assiste à quelque chose de bien particulier. Les 8 musiciens polonais formant le groupe sont vêtus de costumes religieux pour la messe noire qui va suivre, les visages masqués comme des momies, ne sont admis que les mouvements corporels nécessaires et essentiels au jeu. 3 choristes qui ne mouftent pas mais qui offrent leurs voix au saint père animant l’audience.

On commence par entendre une intro qui enchaine avec « Yekteniya I : Ochishcheniye » qu’on traduira par « Litanie I : Purification ». S’en suivra « Bénédiction », « Sagesse », « Grace », « L’Entrée Sainte », « Boire », « la Vérité », et enfin « Salut ». Le frontman mettra en scène chacune d’elles par des gestes précis, voire chorégraphiés Entouré d’une scénographie magnifique, il nous encense, allume des cierges, brandit la madone. Le batteur derrière son plexiglass exécute des part’ folles, les guitares et la basse assurent tout aussi bien la qualité blackmetal de leur musique avec des riff ultra rapides et techniques. Le tout a une aura mystique déroutante, d’ailleurs aucune caméra ne vient filmer leur set sur scène. On en ressort tout chose, et je ne sais toujours plus où j’habite depuis. La seule petite sortie de route a été le selfie du chanteur principal et du public en fin de set !

On apprend que le batteur de Baroness ne sera malheureusement pas de la partie. Ils n’annulent rien et surprennent tout le monde avec un set acoustique qu’ils mettent au point peu de temps avant, et pour ça RESPECT ! Loin d’être cheap, ils s’harmonisent sur de belles mélodies. Le truc a pris, la batterie est remplacée par le claquement des mains de l’audience. On discute, on plaisante, ambiance feu de camp. On soutient ! C’est nouveau, frais et émouvant! Bravo.

Sur le chemin pour aller voir Alice In Chains à la Mainstage 2, un son vrombissant se fait entendre et nous tire par les oreilles au Temple…   Septicflesh !

Nous nous retrouvons bon gré mal gré complètement happé par ce qui se déroule devant nous. La qualité du son permet de comprendre les plus petites subtilités symphoniques de ce blackmetal grec. On tombe à la renverse sous cette lourdeur apportée par la voix ultra profonde et impeccable de Seth, des guitares chirurgicales et une batterie machine de guerre. En plus de l’évidence, une scène aux lumières crépitantes, des grecs bien déguisés et charismatiques qui nous emportent. Enorme, Fatasse, choisissez l’adjectif qui vous convient, moi en tout cas j’en ai loupé Alice In Chains.

ET LÀ, nous plaignons les autres groupes face à Iron Maiden qui se produisait sur la Mainstage 1 devant un parterre humain saturé, pas facile de s’insérer !  Les plus chanceux s’avanceront tant bien que mal, parfois sans succès. On a le droit pour l’occasion à une belle scénographie, changement de décor, fan service, costumes… L’investissement des musiciens pousse le show à son maximum malgré l’état de santé du batteur. Bruce Dickinson nous fait de jolis speech entre deux morceaux. Un concert d’anthologie structuré en trois parties dans lesquelles raisonne sûrement encore l’hymne de « Fear Of The Dark » fredonné par tous ! (À une exception près… Mais je doute qu’on le retrouve un jour !)

Même si on n’est pas forcément fan absolu de ce groupe, il suffit parfois d’un live et une belle énergie positive pour conquérir une audience. À voir absolument.

On retourne du côté de la Valley avec le posthardcore d’Amenra où le niveau sonore doit être au-dessus de tous les autres (hein ?!). Les belges nous posent un set beau et minimal, enrichie de nappes avec un gros travail de mix et de jolis moments plus poétiques. On est assis !

Entre temps sur la Mainstage 2, c’est Marylin Manson qui officie.

Sorti de nulle part, le leader de Manowar vient sur scène nous annoncer sa participation au Hellfest 2019!  Sympa !

MM, Il faut le voir au moins une fois pour se faire une idée. On ne sait pas à quoi s’attendre, une bête en cage au début du show. « Irresponsible Hate Anthem» commence, Il arpente la scène de tout son long, alors on se dit qu’il va se passer quelque chose! WAIT FOR IT ? Et non, pas grand chose malheureusement. Il s’essouffle rapidement, bâcle ses phrases,  jette son micro en attendant qu’on lui redonne sur « This Is The New Shit ». La provoc’ est sa carte maîtresse, il prend le temps de nous parler de MJ tout en fumant son joint sur scène (« The Dope Show » ?). Il finit par faire monter des fans sur le stage (À comprendre au féminin) se dandinant sur « Kill4Me », fascinées par MM. Puis 4 filles, mini short et seins nus (Probablement aussi des fans ?). Elles commencent à faire des danses chaudasses, pas bien glorieuses voire ridicules. On aurait aimé un petit sursaut de féminisme chez elles, papa ne doit pas être content! Sweet Dreams are made of this ?

Faut-il en vouloir à MM? On peut se dire que c’est éventuellement pas si idiot de jouer la montre avec des pauses interminables entre les morceaux (sous couvert de « changements » de costumes), ou encore de discours (dont on se serait passé), et de faire diversion avec des filles quasi à poil quand on peut/veut pas assurer le show… À ce tarif là on aurait préféré que les musiciens soient privilégiés et sorte de l’ombre, avec un genre de liberté dans les compos jouantes, et pourquoi pas des solos? Ah non la provoc et des seins plein cadre! Tant pis.

Entendu pendant le concert * Il a ramass’ Nicolas Cage !*

Plus rien dans les pattes pour rejoindre Exodus (ce sera pour une prochaine sans faute, alors on quitte ce concert pauvre et on va direct à la Warzone pour les chouchous cultissime de Turbonegro!

TURBONEGRO en crash barriers ! MEGA CLAQUE

Tous beaux déguisés, les éternels gamins norvégiens à la folle patate ont foulé cette fois la Warzone pleine à craquer. On ouvre sur trois morceaux du 9eme et dernier album en date Rock’n’Roll Machine … Et quand on nous propose si on veut un vieux, un très vieux morceau? Ils nous jouent un cover partiel de « Bohemian Rhapsody » ! Pour enchainer sur le classique « GET IT ON », back to the basics!  La foule est survoltée, s’en suit des pogos  bien énervés et des slam à n’en plus finir. Les challengers et sauveteurs de mers ont de quoi bien s’occuper, et nous aussi pour notre survie en crash barriers! (On a pas mal de bleus qui le prouvent) Un beau set avec une énergie et une autodérision qui leurs sont propres. Le son est bon, tout est carré et en place comme on aime. Euroboy nous offre de belles variantes de solos par rapport aux albums comme quoi il fait vraiment ce qu’il veut celui là! Un délice pour les amateurs comme nous! On a même entendu de la Wah Wah sur les RIGHT. ON.  RIGHT de « Get It On ». Un claviériste habité, un batteur qui groove, le moment est d’exception et on en est conscient. Ils s’emparent de l’espace scénique et enchainent nos oreilles avec des tubes comme « The Age of Pamparius », « All My Friends Are Dead », et termine le set par « I Got Erection » sous nos cris insatiables.

Ils finissent par nous quitter avec petites danses, trois belles révérences, un selfie avec nous et des bisous sur « You’re Simply The Best » de Tina Turner. Non, franchement les gars, c’est vous les meilleurs !

Une merveille pour clore cette 13eme édition où les hommages en l’honneur de notre cher et regretté Vinnie Paul ont été nombreux.

On rentre au camping des étoiles pleins les yeux et le cœur lourd. Un petit tour ému vers les Crash Caddies et au lit. Le lendemain, le camp prends des airs apocalyptiques et se vide des nouveaux copains. C’est bien fini, on doit rentrer et attendre une année de plus, mais cette fois avec la révélation de 5 groupes pour l’affiche 2019. (Ben B fait taire les rageux!) : Carcass, Dropkick Murphys, Mass Hystéria, Manowar (après 10 ans d’absence), et enfin Slayer last french show ever !

Stay tuned and brutal !

Mots et photos de Jennifer

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