Massive Attack – Live aux Nuits de Fourvière 2018

39°c. Dimanche caniculaire à Lyon. C’est aussi le jour où Massive Attack est attendu aux Nuits de Fourvière. Des mois qu’on trépigne d’une impatience non dissimulée…

Pour la petite histoire…

Massive Attack en concert, ce n’est pas une première pour nous… enfin pas vraiment. On a un vague souvenir de leur passage aux Eurockéennes de Belfort de 2010, parce qu’ils jouaient le dimanche soir et qu’on avait surestimé notre endurance en matière de cocktail festival – à savoir 2h de sommeil par nuit, un peu trop d’alcool et de soleil. Du coup, on avait passé une grande partie de leur concert, allongée par terre. Ce qui n’est pas déplaisant, ceci dit mais quand on a fini par se lever – était-ce pour Teardrop ? – on s’est rendu compte que c’était aussi plutôt joli à voir. Donc forcément, on s’est flagellé pendant des années, jusqu’à ce que le groupe soit annoncé aux Nuits de Fourvière 2018. L’occasion de prendre notre revanche, en plus de notre place de concert. Et cette fois-ci, on s’est promis de garder les yeux ouverts pendant toute la prestation du groupe de Bristol. La preuve !

Young Fathers, les dignes descendants de Massive Attack

En guise d’amuse bouche, c’est les écossais de Young Fathers qui se chargent d’ouvrir le bal. Pas très étonnant puisque le groupe a travaillé avec Massive Attack sur quelques uns de leurs tout derniers morceaux. Mais chut, on reviendra sur la question. En attendant, si Young Fathers sont 3 sur le papier, ils viennent accompagnés d’un batteur sorti tout droit des années 80 (Isabelle à les yeux bleus…) et c’est parti pour une bonne première partie. Chaque membre du groupe alterne les micros, oscillant entre rap et électro, voire même un soupçon de pop. Une chouette présence du trio (pardon quatuor) même s’ils ne sont pas du genre bavard mais on ne leur en tient pas rigueur. Un bon début de soirée qui nous glisse doucement dans l’ambiance.

L’attaque massive venue de Bristol

(oui, c’était facile)

On ne sait pas trop à quoi s’attendre avant le début du concert. Est-ce qu’Horace Andy sera de la partie ? Est-ce qu’ils vont jouer surtout les derniers morceaux ou est-ce qu’on aura droit à quelques titres qui sentent bon le trip-hop des 90s ? L’excitation et le doute montent doucement. Un peu après 22h, on a déjà un début de réponse. Le groupe entre en scène. Horace Andy s’approche avec sa démarche si caractéristique. Et c’est avec un morceau de Blue Lines qu’on entre dans le monde sombre de Massive Attack, Hymn of the Big Wheel. Il ne nous fallait pas grand chose pour plonger dans le concert. Et si le morceau suivant n’est autre Risingson avec ce son si inquiétant qu’on adore, on ne répond plus de rien !

Ok, donc 2 premières chansons, 2 classiques du catalogue, ça commence fort mais Massive Attack va en réalité piocher dans toute sa discographie pour proposer un concert plutôt homogène, même si on reste un peu sur notre faim avec les nouveaux morceaux (avec la présence notamment de Young Fathers adoubé en direct live par 3D de Massive Attack – il y a pire quand même) – morceaux qu’on trouve peut-être pas aussi percutants que de bons vieux titres, à part Ritual Spirit, qui nous met les poils instantanément… Mais est-ce parce qu’on ne les a pas encore autant écoutés que les autres ? On n’a pas trop envie de se poser la question. La vérité, c’est qu’on n’a même pas vu passer le temps tellement, on était hypnotisé par le show devant nous et ça, en général, c’est plutôt bon signe.

Et visuellement Massive Attack, ça donne quoi alors ?

Si notre première rencontre avec Massive Attack, on n’a pas vu grand chose, on ne rate rien de ce qui se passe à Fourvière, on a même grimpé dans les gradins pour en profiter au maximum. Parce que Massive Attack, c’est visuel autant que c’est musical. Même parfois un peu trop ? Des fois, on veut tellement tout lire et tout voir qu’on aurait tendance à « oublier » la musique. Mais finalement, disons que l’un sert l’autre et que si on a l’impression qu’on oublie la musique c’est que justement, elle habille le tout parfaitement bien, comme ce t-shirt en coton qu’on ne sent pas sur notre peau mais qui nous enveloppe tout de même. (Promis, on a rien bu ni fumé pendant l’écriture de ce live report, c’est juste l’effet de Massive Attack sur notre organisme).

Quoiqu’il en soit ces visuels sont là pour nous faire réfléchir sur le monde actuel : migrants, Trump, Facebook, etc. L’exemple le plus parlant est sur l’hypnotisante à souhait, Inertia Creeps : des messages défilent, suivant l’actualité tour à tour, locale, nationale et mondiale. On se plait à croire que l’annonce de Simone Veil au Panthéon et l’accueil exemplaire des migrants en Espagne ont eu plus d’applaudissements que le Portugal battu par l’Uruguay mais rien n’est moins sûr. Ceci dit c’est peut-être le moment qu’on retiendra le plus de ce concert.

En bref, Massive Attack, c’était comment ?

A Fourvière, le lancé de coussins est un assez bon indicateur de la qualité d’un concert. Et bien, Massive Attack en aura eu un, devant un Horace Andy comme un gamin à renvoyer les coussins un à un comme il pouvait, du haut de ses 60 balais…

8 ans après, on a enfin (re)vu Massive Attack. Seul bémol, s’il devait y en avoir un, c’est que ça n’aura pas duré assez longtemps. Un chouïa, on aurait bien pris 2h de plus… Un autre signe qui confirme que ce concert était trip-top ! (ok on va se coucher !)

****

Setlist
Hymn of the big wheel
Risingson
United Snakes
Ritual Spirit
Girl I love you
Eurochild
Future Proof
Voodoo in my blood
Way up here
Angel
Inertia creeps
Safe from harm

Rappel
Take it there
Unfinished Sympathy
Splitting the Atom

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