Les Nuits Secrètes 2019

Après de nombreuses années sans festival, trop, c’était trop. On était en manque, il fallait que cela cesse ! Cette année, notre choix s’est porté sur Les Nuits Secrètes. Ce festival a tout pour plaire : une programmation alléchante et un prix défiant toute concurrence. Let’s go pour cette 18ème édition ! 

Un festival en plein essor

Nous arrivons sur le site à 15h. Après une attente de 30 minutes, nous nous installons au camping. On est surpris par l’anarchie ambiante. Aucune allée, on se dit qu’il sera difficile de trouver notre tente ce soir ! Néanmoins, l’accueil des bénévoles fait chaud au coeur (et rafraîchit nos visages à coup de pschitt pschitt salvateurs). 

On se rend compte rapidement que le festival est à un tournant, et qu’il est victime de son succès. Des erreurs d’amateurs s’enchaînent. Si nous n’avons pas eu personnellement à nous plaindre de l’attente interminable pour avoir les bracelets/pass à l’entrée (certains ont raté des concerts à cause de l’organisation catastrophique !), on constate le manque de toilettes sur le site du festival et au camping. Au fil des heures, l’odeur âcre de l’urine flotte dans l’air. On pense aussi aux campeurs qui n’ont pas pu se mettre avec leurs potes, le camping étant divisé en deux parties : pass 1 jour et pass 3 jours… Queue pour rentrer, queue pour les toilettes, queue pour manger, queue pour avoir son café salvateur le matin… Le festival devra absolument améliorer ces différents points l’année prochaine pour satisfaire pleinement les festivaliers. 

De nombreux points positifs sont tout de même à noter, qui contrebalancent les mauvais. Le nord est chaleureux ! On adore le bon esprit qui règne sur le festival. Des vieux, des jeunes, des enfants se mêlent, et s’amusent ensemble, dans la joie et la bonne humeur. On aime aussi la bonne bière du Nord… Cela change de la Heineken (et oui on se fait vieux…). Le moyen de paiement cash-cache est pratique, on peut charger nos comptes facilement via l’application. On apprécie également de ne pas faire des kilomètres entre les différentes scènes et pour rentrer au camping. Et bien sûr, la programmation qui tient toutes ses promesses. 

Jour 1, on se sent bien

On commence le festival par les bonnes vibes de Pépite à l’Eden. On voyage, on s’imagine sur une plage, les pieds dans l’eau. On se laisse bercer par les notes du clavier. De la pop efficace, où l’on sent poindre de la nostalgie. La nôtre probablement ! 

Direction ensuite la grande scène, pour voir Alpha Wann. Le point fort du festival est sa prog éclectique. Si ce n’est pas notre style musical de prédilection, on aime la bonne énergie et le flow du rappeur. 

Il est temps de se remplir le ventre avec un bon croque monsieur au maroilles évidemment ! On reprend des forces (et des kilos) avant Jeanne AddedC’est la quatrième fois, mais cela reste un plaisir de la voir sur scène. Quel chemin parcouru depuis 2015  ! Son charisme, sa voix pleine d’émotions… On n’a pas honte de le dire, on l’adore ! 

Retour à l’Eden, pour Salut c’est cool. On les avait déjà vus aux Eurockéennes il y a quelques années, c’est toujours aussi déjanté ! PETIT BOUT DE BOIS ! Je suis une fleur !

Viens le tour du très attendu -M-. On nous en a dit beaucoup de bien, et depuis le temps qu’on nous chauffe pour le voir en live, le moment est enfin venu. Sa réputation de showman n’est pas volée. Seul sur scène avec ses musiciens mécaniques, il donne tout. Un vrai guitar héro comme on les aime. Si son côté mégalo peut déranger certains, nous on se dit qu’il peut se le permettre, tellement il est talentueux. Le visuel est également impressionnant, un vrai spectacle. 

On termine cette soirée avec Bon entendeur. Bon, on ne va pas vous le cacher, on n’a pas trouvé cela transcendant. On ne peut pas en dire plus, tellement cela ne nous a pas marqué. L’ennui pointe le bout de son nez, il est temps d’aller se coucher. 

Jour 2, jour pluvieux

C’est bien la première fois que nous ne sommes pas réveillés aux aurores par la chaleur étouffante. La pluie donne le rythme, et nous berce une bonne partie de la matinée. Des festivaliers prévenant ont installé une tonnelle juste à côté de nous, on échange volontiers des verres de rosé contre un abri. 

13h15, il est temps de décoller du camping, direction la gare de la ville. On a rendez-vous à 14h pour notre parcours secret. On est impatients de découvrir ce qui nous attend. On monte dans le bus, on doit être une cinquantaine au total. On ne sait pas où cela va nous mener. On est excités comme des petites puces ! 

Vingt minutes plus tard, on arrive dans un champ avec un petit chapiteau (pluie oblige). Le collectif Catastrophe nous attend de pied ferme.

On nous demande de mettre nos peurs sur un papier et de les mettre dans une urne. Le concert est super interactif et intimiste. L’énergie de Catastrophe nous explose à la figure. Un mélange détonant de rap, de rock, des harmonies, avec une touche “Queenesque”… On essaie de décrire leur musique, mais c’est très difficile. Le tout ponctué de textes forts, qui nous mettraient presque la larme à l’oeil si la chanteuse ne nous regardait pas dans les yeux. C’est une expérience sensorielle et poétique à vivre. Catastrophe mange nos peurs et nos coeurs. 

Retour au festival, pour voir Blood Red Shoes. On est super contents de les voir sur scène, leur musique est associée à des souvenirs lointains. Nostalgie quand tu nous tiens ! Le groupe anglais est communicatif et attachant. C’est le dernier concert de leur ingé du son, qui part à la retraite. On sent l’émotion du duo, et surtout de la chanteuse dont on aperçoit les larmes. C’est avec plaisir qu’on lève nos verres en l’honneur de l’inconnu. 

Flavien Berger arrive à l’Eden. Sa nonchalance, ses petits discours pour dire qu’il ne faut pas parler pour ne rien dire… Il ne laisse personne indifférent. Agacement ? Amusement ? Un petit mélange de tout ça.

Direction la grande scène pour MO. Très généreuse sur scène, la chanteuse danoise fait le show. Néanmoins, sa pop acidulée électronique ne tient pas sur la longueur et laisse une sempiternelle impression de déjà-vu. Se démarque-t-elle des autres pop stars actuelles ? Un sosie vocal de plus dans le paysage musical. 

Nous nageons à contre courant de la foule venue voir Roméo Elvis pour se poser devant la station secrète, une toute petite scène intimiste, pour voir Whispering Sons. Quelle claque ! La chanteuse charismatique a une voix caverneuse so cold wave qui nous donne des frissons partout. On adore le post-punk, on est servis ! On a qu’une chose à dire : merci la Belgique. 

Hot Chip paraît bien fade à côté. On adore pourtant ce groupe. Faute à un son mal réglé ? On garde un tellement bon souvenir de leur concert des Eurockéennes de 2010 qu’on regrette presque de les revoir sous ce mauvais jour. 

Après un rapide coup d’oeil à Paul K, on choisit finalement CTRFÇN. C’est l’électro comme on l’aime. Un petit côté putassier électrisant. On danse, on s’éclate, que demander de plus ? Le côté intimiste de la station secrète rend le moment encore plus magique. 

Enfin, on se détruit les tympans avec DIMA aka Vitalic. On ne tient pas longtemps, les basses ont raison de nous, le coeur au bord des lèvres. 

Jour 3, c’est la joie

On commence la journée par un groupe qui donne du baume au coeur. The Mamys and the Papys est une chorale locale de seniors, faisant des reprises rock. Parfait pour un public de festivaliers ! Une queuleuleu géante s’improvise. Cela donne le bon ton pour cette dernière journée. 

On jette ensuite une oreille à Colombine, des rappeurs au grand coeur. Cela nous fait penser à un boys band des années 90, avec des paroles similaires très “gnangnan”. Il ne manque plus que le salto avant pour que le tableau soit parfait. Désolée, cela doit être notre côté “vieux cons” qui pointe le bout de son nez la trentaine passée. 

Fat White Family est une grande déception. Outre le son absolument horrible, le manque de charisme du groupe est affligeant. Mais est-ce possible de vraiment juger cette prestation ? 

On a raté tellement de fois Metronomy en festival qu’on est ravis que le groupe soit cette année à l’affiche des Nuits Secrètes. Ce n’est pas une piqûre de guêpe sur le majeur qui va nous empêcher de les voir ! Si les basses sont une nouvelle fois extrêmement mal réglées, cela ne nous empêche pas de passer un bon moment et de danser sur les tubes du groupe. 

On voyage ensuite avec Thylacine, qui nous offre un concert onirique. Il transcende ses morceaux en live, pour notre plus grand plaisir. Sa musique envoûtante nous charme tel un serpent. Un must-see en live !

On finit cette belle édition des Nuits Secrètes par Kompromat. Le duo infernal composé du Vitalic et de Rebeka Warrior fonctionne à merveille et nous hypnotise. Rebeka Warrior est toujours aussi charismatique et assure le show. On jette nos dernières forces dans la bataille avec bonheur. 

Mot de eVe

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