Alain Souchon – Live aux Nuits de Fourvière

Retourner aux Nuits de Fourvière, c’est un peu comme un retour aux sources. Pour bien faire les choses on a épluché le programme du festival de fond en comble. Que choisir pour reprendre notre vie de festivals et de concerts ? On a alors jeté notre dévolu sur l’une des deux dates d’Alain Souchon, un autre retour aux sources puisque le tout premier concert de notre vie, c’était un concert de Souchon. Rien de mieux pour reprendre une vie (quasi) normale, donc.

Tiwayo, une première partie toute en douceur

Pour amorcer ce premier concert de 2021, c’est Tiwayo qui se charge d’ouvrir la soirée. Petit folk-blues en anglais dans le texte plutôt sympathique sans grande révolution tout de même. Mais on aura passé un agréable démarrage et c’est bien tout ce qu’on va retenir.

Souchon, le conteur d’histoires atemporelles

A Fourvière, tout est toujours plutôt bien calibré. Alain Souchon entre donc en scène à l’heure prévue, la guitare sèche bien accrochée. Et c’est avec Allô Maman Bobo en version acoustique qu’on glisse sans mal dans le set qu’on s’apprête à entendre. Quel choix judicieux de commencer par ce morceau si beau. Et si derrière c’est la Ballade de Jim qui prend le relai, on se dit que cette soirée s’annonce bien bonne en tout point. Et on avait évidemment raison. Le dandy nostalgique qu’est Alain Souchon semble être sur scène comme à la maison et avec une jauge limitée, on se sent un peu privilégié de le voir ainsi dans les vieilles pierres de Fourvière. Le bonhomme enchaine les tubes de son répertoire, mais aussi les nouveaux titres issus d’Âme Fifties, sortie en fin d’année 2019. On sent que son temps sur la scène de Fourvière lui est compté et qu’il veut en donner le maximum au public amassé là, en poncho de toutes les couleurs.

Il nous raconte des histoires souvent amères, toujours poétiques. Des histoires en musique. Mais aussi des histoires parlées entre les morceaux. Le troubadour qui nous a vu grandir nous envoie des ondes de douceurs et d’humour pendant toute la soirée. Des ondes tellement bienvenues en ces temps troubles. Et il y a cette énergie incroyable qu’il a sur scène. Souchon est content d’être là et ça se voit.

Comme toutes les bonnes choses ont une fin, après plus d’1h30 de concert et quelques chansons chantées avec ses deux fils, Ours et Pierre Souchon, la soirée est déjà finie. C’est toujours trop court quand on passe un bon moment. Mais on ressort avec un sourire figé et un moral qui avait bien besoin d’un tel coup de boost.

Il y a longtemps qu’on n’a pas fait de critique de concerts. On perd un peu nos mots pour celle-ci. On aurait voulu faire honneur à ce maître des mots qu’est Souchon, avec mieux mais tant pis. Alors pour nous aider à clore ce petit live report, on va se servir directement dans le catalogue de l’ami Alain : « Si tout est moyen, si la vie est un film de rien, ce passage-là était vraiment bien, ce passage-là était bien ». Oui, ce passage-là était vraiment bien.