Kasabian – For Crying Out Loud

3 ans presque jour pour jour après la sortie de 48:13, les Kasabian prennent un nouveau virage dans leur carrière avec ce 6ème album, For Crying Out Loud sorti le 5 mai dernier. Exit l’électro, le groupe de Leicester a misé sur les guitares, qu’elles soient électriques ou acoustiques.

Depuis le temps qu’on tient ce blog, tu as dû remarquer qu’on avait une certaine affection pour Kasabian, mais rassure-toi, cela ne nous empêche pas de garder un œil critique sur tout ce qu’ils peuvent faire. Ceci dit, For Crying Out Loud, outre sa pochette horrible, est un album vraiment facile d’accès. Dès les premières minutes, on plonge la tête la première dans le son et on nage dans des eaux tantôt nostalgiques (Wasted, The Party Never Ends ou All Through the Night), tantôt agitées (Ill Ray (The King), Comeback Kid, Twentyfourseven, Bless This Acid House en tête).

Wasted notamment nous envoie dans un espèce de road trip musical et amoureux assez bien fichu. Là où Goodbye Kiss (issu de Velociraptor) échouait avec sa mièvrerie dégoulinante, Wasted possède tout ce qu’il faut : un refrain entêtant, un texte un peu moins gnangnan et des woowoowoo qu’on imagine vraiment bien résonner en live. Parce que c’est ça aussi Kasabian : des chœurs et des refrains fédérateurs. Il n’y qu’à écouter Comeback Kid, avec son refrain puissant, pour comprendre.

Niveau influence, il y a un assez bon mélange : la guitare de The Party Never Ends nous rappelle le morceau d’Eminem, Under the Influence, même si ça s’en éloigne rapidement. On a aussi un petit côté 70s et glam dans certains titres comme Good Fight qui aurait pu figurer dans la BO de Velvet Goldmine. L’ovni de For Crying Out Loud est sans aucun doute, Are Looking for Action, avec ses 8 minutes de disco trippant à souhait, jusqu’à l’arrivée du saxo qu’on n’imaginait pas entendre là. Et puis, il y a forcément cette pensée du côté des 60s et des Beatles avec Put your Life on it qui clôt avec brio l’album. Mais les Kasabian sont suffisamment intelligents pour digérer et distiller ces influences dans un son qui leur est propre et qu’ils maîtrisent.

Ecrit en 6 semaines seulement pendant l’été 2016, For Crying Out Loud respire définitivement le soleil et l’insouciance de l’été, que ce soit dans les morceaux taillés pour les fêtes un peu trop arrosées ou ceux à chanter autour d’un feu de camp sur la plage. Vivement que le soleil revienne pour qu’on puisse écouter ça pendant que le barbecue chauffe.

On peut critiquer Kasabian à bien des sujets (notamment des textes pas toujours ultra inspirés), mais à écouter toute leur discographie, on ne peut que reconnaître leur envie d’offrir quelque chose de nouveau à chaque nouvel album. Ce n’est pas toujours parfait, mais ils savent se renouveler sans se trahir, et ça, pas tous les groupes ne savent le faire. Il ne reste plus qu’à avoir une vraie tournée française (avec plus de dates en dehors de Paris…) pour vérifier ce que For Crying Out Loud peut donner. A bon entendeur, messieurs, dames à Speakeasy…

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