Hommage à Jeff Buckley

Il y a 15 longues années, un petit prodige américain a décidé de piquer une tête dans une rivière et n’est jamais remonté. Il y a 15 ans aujourd’hui Jeff Buckley tirait sa révérence. On n’a pas encore abordé son cas et pourtant, à lui tout seul, et peu de morceaux enregistrés, il doit représenter presque la moitié des heures d’écoutes musicales de Touteouïe. C’est dire s’il n’a pas été important !

Son album studio Grace sorti en 1994 constitue ni plus ni moins un Top 10. 10 chansons et aucunes à jeter. Elles ont toutes leur place : de Mojo Pin qui s’insinue sournoisement dans l’ambiance à Dream Brother qui vient clore l’odyssée. Un disque parfait en somme. C’est également un album complètement atemporel, souvent cité comme l’un des 50 meilleurs albums du XXe siècle, qu’il faut absolument avoir dans sa discographie. Et pas seulement pour sa reprise archi connue d’Hallelujah de Leonard Cohen, souvent reprise et rarement égalée. Grace a un son, une patte, une énigme musicale. Les textes sont obscures, la musique est travaillée jusqu’au larsen ou au souffle près. Rien n’est laissé au hasard. Et pourtant on a comme l’impression qu’il a été enregistré en direct. Comme si Buckley jouait sa vie à chaque instant. Il n’y a qu’à lire les paroles de la chanson Grace pour se demander s’il ne savait pas déjà ce qui allait lui arriver quelques années plus tard.

Si on se souvient surtout de Buckley pour sa reprise d’Hallelujah, c’est qu’il a une qualité artistique assez rare : il est capable de faire oublier une chanson originale en en faisant une reprise. On croirait presque qu’il en est l’auteur. C’est ce qui se passe avec Hallelujah ou Corpus Christi Carol. Ce sont sans doute ses années à chanter dans les bars de New York en reprenant du Van Morrison (entre autres) qui ont dû l’aider à développer son style unique.

Buckley, c’est aussi un « fils de » qui arrive à le faire oublier. S’il ressemble physiquement à son père, Tim Buckley, c’est peut-être la seule chose qu’il a en commun avec lui. A part peut-être sa voix qui s’en rapproche ou son envie d’explorer et expérimenter son propre son.

Jeff Buckley, c’est un seul album studio, des fringues mouillées et un paquet d’album live, acoustiques, démos rares, bientôt deux biopics (oui deux…!) qui font vivre sa mère.

Bref Jeff Buckley fascine et peu importe le nombre de films ou de biographies, on ne saura jamais qui était ce personnage intrigant passé rapidement sur le devant de la scène avant de s’enfuir dans les eaux de la Wolf River un soir de 29 mai 1997.

Publicités