Wild Beasts – Boy King

wild_beasts_-_boy_kingIl y a fort longtemps qu’on n’a pas tiré les oreilles sur Toute Ouïe. On ne parle pas d’éducation mais de critiques d’album. Après un été placé entre les Nuits de Fourvière et un besoin de vacances exotiques, on reprend doucement les rennes du blog en s’attaquant au dernier album des Wild Beasts, Boy King, sorti le 5 août – quelle idée de sortir un album en août aussi ?!

On avait laissé Wild Beasts en train de batailler avec la conjugaison et l’amour dans l’excellent Present Tense, sorti en 2014. Pour ce 5ème album, les voilà sur une nouvelle route : celle du désir et de la violence. Ce mot n’est pas courant lorsqu’on parle du quatuor anglais, mais là il faut avouer que le son brut qui sort de nos enceintes nous attaque dès le 2ème titre, Tough Guy. Fini de rigoler, on passe à l’action. Alpha Female ne fait pas dans le détail. La batterie est très présente et l’orchestration froide alourdit encore un peu plus. La voix magique d’Hayden Thorpe ne vient pas adoucir les mœurs, loin de là.

On avait déjà présenté Get My Bang avec son ambiance groovy et son clip léché. Le rythme ne se calme donc pas sur ce 4ème morceau et on est toujours étonné d’entendre ce nouveau son des Wild Beasts, plus accoutumés à la douceur et au romantisme. Romantiques, ils ne le sont pas dans ce disque. Boy King est un album animal et primal. Ils l’avaient annoncé ceci dit, mais c’est tellement vrai. L’ensemble est direct, et fonce dans le tas sans détour. Si Celestial Creatures fait un peu baisser la chaleur et l’empressement des 4 premiers morceaux, ce n’est que pour mieux reprendre son élan avant de plonger dans la noirceur et les synthés de 2BU. On retrouve enfin la voix de Tom Fleming en lead pour la 1ère fois depuis le début de l’écoute.

Ça flirte sévère sur He the Colossus et en même temps, avec une voix comme celle de Thorpe, il ne nous faudrait pas plus pour tomber dans ses bras mais ne nous égarons pas. Voilà l’effet de Boy King sur notre organisme. C’est malin ! Mais He the Colossus est un morceau imposant et entêtant. Ça sent l’envie et le danger pendant toute la durée des 4 minutes 10. Et voilà que ça parle de queue de cheval (Ponytail) dans le morceau suivant… No comment sur les paroles plus que suggestives : « get in and get out »… pas très fin, certes.

La tension sexuelle ne s’apaise pas sur Eat Your Heart Out Adonis. Loin de là et les soupirs de Thorpe rajoutent une bonne couche de sex-attitude. « I like it messy »… Plus qu’une chanson dans l’édition normale de l’album. Comment vont-ils bien pouvoir finir cet album ? Tout en douceur et au piano évidemment ! On n’attendait pas du tout Dreamliner et ce genre d’ambiance pour clore un tel album de luxure et de torture. On a presque l’impression que le titre n’est là que pour rassurer les fans et leur montrer que les Wild Beasts sont toujours capables de composer des morceaux doux et classieux. Ça a le mérite de calmer les ardeurs développées tout au long de l’album.

L’édition deluxe est affublée d’un autre morceau, Boy King Trash, sorte de générique de fin de 20 longues minutes faites d’enregistrements divers mis bout à bout. Ce qui n’est pas resté dans Boy King au final. On préférera donc s’arrêter à Dreamliner, en fait.

En définitive, Boy King nous offre les Wild Beasts en véritables bêtes sauvages, sans retenue, prêts à tout déchirer et tout lacérer sur leur passage. C’est surprenant, rythmé, synthétique et caliente, tu l’auras compris. Nous, on adhère en tout cas.

Les anglais seront d’orgies en concert en France cet automne : à Paris le 13 octobre, à Lille le 14 octobre, à Strasbourg le 15 octobre, et à Lyon le 26 octobre. Miam miam.

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